« Villes collaboratives et développement : quel apport des nouvelles pratiques ? » Eclairage sur des dynamiques naissantes.

Le 7 février 2017, à l’Agence Française du Développement (AFD), Verteego était présente à l’événement partenaire de VIVAPOLIS sur les nouvelles perspectives de développement urbain. L’accent était mis sur les questions de logique de profit et de vivre ensemble issues des nouvelles pratiques collaboratives.

Dès le début de la conférence, Julien Allaire Directeur des opérations internationales de Transitec tient à préciser qu’il faut se méfier des leurres et notamment des systèmes dits « collaboratifs ». A titre d’exemple, Uber, qui met le numérique au service d’un marché cherchant ainsi le monopole privé, ne répond pas au critère « collaboratif » du système de mobilité. Au sein des villes « collaboratives », on retrouve deux types d’économie excluant le monopole d’un acteur privé :

  • Collaborative : relation horizontale asymétrique entre les particuliers avec convergence d’intérêts – les systèmes de covoiturage par exemple.
  • Coopérative : relation symétrique équilibrée où chacun est impliqué de la même manière au projet commun – les systèmes d’autopartage par exemple.

Chacun des intervenants témoigne, dans ce sens, de la volonté de développer et d’investir pour de nouvelles dynamiques urbaines pour l’intérêt public. De nombreux outils comme YTAX – outil collaboratif pour la collecte des taxes communales au Sénégal, présenté par Bachir Kanouté, coordinateur exécutif d’Enda ECOPOP (Espaces Co production et d’Offres Populaires pour l’Environnement et le Développement en Afrique) – mettent en avant ce phénomène de villes « collaboratives » et la dynamique transverse d’innovation.

Conséquence, quelles limites intrinsèques aux innovations utilisant la data et aux pratiques collaboratives? Toutes ces innovations posent la question d’intermédiation dans la chaîne de la data, notamment sur l’accès et le traitement des données. Le concept open data, qui se veut collaboratif, pose le dilemme entre vie privée et utilité publique et peut apparaître contradictoire si de nouveaux intermédiaires émergent et instaurent leur monopole. Le projet OPAL (Open Algortihm project), soutenu par l’AFD, d’une plateforme ouverte d’algorithmes pouvant traiter directement la donnée sur les serveurs des compagnies partenaires ouvre de nouvelles perspectives à ces interrogations… Ressort finalement de cette conférence que la chaîne d’exploitation de la data est bien confrontée à des enjeux stratégiques encore ouverts, notamment parce que la data sera un outil au coeur de la conception des villes « collaboratives » de demain.