MonPotager.com crée du lien entre agriculteurs et citadins

Qui êtes-vous Thierry Desforges ? Depuis le début de ma carrière, mon désir d’entreprenariat n’a cessé de se développer, porté autant par mes expériences diverses que par les personnes qui m’entouraient. J’avais déjà eu de nombreuses idées et je me suis lancé pour la première fois dans l’aventure entrepreneuriale en 2005, en achetant une parcelle de vigne en appellation Champagne, à partir de laquelle j’allais produire ma propre marque de Champagne (Champagne Thierry Desforges). Fils d’exploitant agricole de la région parisienne, je m’étais fixé pour objectif de reprendre et valoriser l’exploitation familiale par un projet touchant les consommateurs urbains de la ceinture parisienne. Mon père étant un jardinier passionné, c’est donc assez naturellement qu’en 2011, alors que je préparais ma thèse de mastère spécialisé à l’Essec, l’idée m’est venue d’un projet de valorisation de l’exploitation familiale autour du maraîchage.

Pourriez-vous nous expliquer l’activité de MonPotager.com ? [TD] Grâce à son application unique au monde, Monpotager.com propose aux citadins d’entretenir une relation nouvelle avec les produits issus de l’agriculture et particulièrement les fruits et légumes. Ils peuvent ainsi cultiver leur propre parcelle de potager en ligne, chez des producteurs locaux, les observer pousser et les recevoir à domicile, sans bouger de leur sofa.

En quoi votre proposition de valeur est-elle unique et exceptionnelle ? [TD] Monpotager.com n’est ni une place de marché, ni un Brick & Mortar. Tout est basé sur l’expérience de l’utilisateur : d’abord vivre une expérience ludique et pédagogique au travers de l’apprentissage du métier d’agriculteur, et ensuite poursuivre cette expérience par la qualité, le goût et le sens de l’achat responsable.

Qui sont vos clients ? [TD] Des citadins, naturellement, mais aussi de plus en plus d’entreprises, qui ont compris que l’animation des projets RSE pouvait également englober l’alimentation, et que pour réussir une action RSE dans la matière, il fallait proposer de l’innovation et du fun !

Vous vous adressez donc directement aux consommateurs, mais également aux entreprises. Quels services des entreprises sont vos interlocuteurs aujourd’hui ? [TD] La plupart de nos interlocuteurs en entreprise travaillent les questions RSE (dirigeants, DAF, DRH,…) ou sont élus au Comité d’Entreprise.

Que proposez-vous aux entreprises ? A quelles conditions ? [TD] Nous proposons aux entreprises des démarches « sur mesure », utilisant la base de notre plateforme internet pour la partie pédagogique et logistique, que nous adaptons ensuite aux besoins spécifiques de chaque entreprise. Par exemple, nous allons installer à La Défense une série de casiers connectés et réfrigérés, dans lesquels les salariés de l’entreprise pourront venir chercher, à des prix imbattables (car subventionnés par le CE) des produits de la région et des produits cultivés sur monpotager.com.

Qui sont vos concurrents ? [TD] Nous pouvons soit considérer que tous les vendeurs de fruits et légumes sont nos concurrents, à commencer par les producteurs eux-mêmes, ou alors considérer que nos seuls concurrents sont ceux qui tendent à augmenter le delta entre prix d’achat au producteur et prix de vente pour le consommateur. Nous achetons par exemple jusqu’à 40% plus cher nos produits que les acteurs de la grande distribution (à qualité comparable).

Comment vous positionnez-vous par rapport à vos concurrents ? [TD] Notre offre est unique, elle met en avant à la fois la démarche citoyenne, l’apprentissage, la réappropriation de l’agriculture par les citadins : nous avons presque tous un ancêtre paysan.

Comment voyez-vous se transformer le métier d’agriculteur ? [TD] L’agriculteur n’est plus du tout l’image d’Epinal d’il y a vingt ans. Plus de 80% des agriculteurs franciliens ont dépassé le BAC+4, il y a une majorité d’ingénieurs. C’est dire que la technicité s’est envolée dans les fermes. On est devenu de plus en plus frugal, au fur et à mesure que les prix des denrées diminuent alors que les matières premières, elles, ont tendance à augmenter. L’agriculteur du XXIème siècle est connecté (catégorie socio-professionnelle qui utilise le plus de Smartphones), conscient des enjeux environnementaux et sociétaux, et multicasquette (agronome, financier, commercial,…)

Quel sera l’impact du développement de l’agriculture urbaine sur le futur de votre activité ? [TD]  L’agriculture urbaine est une chance pour notre métier. Elle fait prendre conscience, grâce à des micro-projets qui ont principalement une vocation pédagogique, que l’agriculture est indispensable à la population, et qu’elle est peut-être ce que nous avons de plus beau. L’agriculture (ou jardinage) urbain va porter les valeurs des circuits courts, et peut-être que les citadins finiront par comprendre que chaque fois qu’ils achètent un kilogramme de produit au supermarché, c’est un morceau de l’agriculture française qui part avec.

Comment votre plateforme va-t-elle évoluer dans l’année qui vient ? [TD] Nous déployons de nouvelles plateformes en Gironde et dans le Grand Ouest. Nous allons également proposer de nouveaux services encore secrets.

Des projets d’expansion à l’international ? [TD] L’international nous attire, mais le modèle sera forcément différent, avec une appétence très forte pour le modèle de franchise.

Le mot de la fin : à quoi ressemblera MonPotager.com dans 10 ans ? [TD] Une jolie PME, dans laquelle chaque collaborateur s’éclate !

*** Si, comme Verteego, vous êtes convaincu(e), alors rendez-vous sur MonPotager.com **