REACH: un casse-tête pour l’industrie manufacturière et les importateurs d’articles?

Le réglement REACH est-il un casse-tête pour les producteurs d’articles et distributeurs?

L’intuition tend à nous souffler que oui: chaque acteur de l’industrie manufacturière comme chaque importateurs traite quotidiennement avec des centaines, voire des milliers de fournisseurs et sous-traitants de tous les pays. Ces derniers, forcément réticents à communiquer trop d’informations aux services achats de leurs clients, sont tentés, lorsque sommés d’éradiquer certaines substances de leurs articles, d’augmenter leurs prix.

Tout ceci n’est pas nouveau pour les experts de la supply chain: plus le nombre d’acteurs impliqué est important, plus la collecte d’informations est difficile, chronophage, et donc coûteuse (plus l’usage des technologies de l’information est pertinent pour gagner en compétitivité, comme nous le verrons).

Si bien sûr il existe des solutions élégantes à un problème en apparence insoluble, ré-examinons, avant d’évoquer solutions et alternatives, les tenants et les aboutissants du réglement REACH pour les producteurs d’articles et les importateurs – distributeurs.

REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and restriction of CHemicals) est un réglement européen complètement révolutionnaire. A tel point que nos amis Américains et Chinois esquissent des tentatives pour la répliquer à leur façon. REACH a fait l’objet de la plus grande bataille de lobbying de tous les temps. Pas étonnant lorsque l’on connait l’enjeu de REACH, qui est d’ « assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement, y compris la promotion de méthodes alternatives pour l’évaluation des dangers liés aux substances, ainsi que la libre circulation des substances dans le marché intérieur tout en améliorant la compétitivité et l’innovation » (source: article 1.1, Directive 2006/121/CE).

En clair, REACH permettra d’éradiquer du sol de l’Union Européenne, en seulement une décennie (grosso modo 2008 – 2017), toutes les substances cancérigènes et présentant un risque pour l’environnement! ce qui aura pour effet de réduire significativement la pression sur les systèmes de santé, et donc aux pouvoirs publics des Etats membres de générer des économies substantielles (de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros).

Néanmoins, l’investissement nécessaire à la mise en œuvre de REACH est très largement supporté par les industriels (producteurs et importateurs sur le sol de l’Union). Ceci en raison du « renversement de la charge de la preuve » inhérent à au réglement REACH: désormais, « c’est à l’entreprise qu’incombe la responsabilité de démontrer que les substances peuvent être fabriquées, utilisées, et détruites sans entraîner de risques pour la santé humaine et l’environnement » (source: Helpdesk REACH du Luxembourg). Autrement dit, l’évaluation des risques est supportée par l’ensemble du tissu industriel. Ce qui, en raison de pénalités pour le moins dissuasives (pouvant aller jusqu’à la cessation d’activité, suivant l’esprit « no data, no market » de REACH), pousse naturellement à la collaboration entre les différents maillons de la chaîne d’approvisionnement.

Si les coûts de mise en œuvre du réglement REACH sont donc effectivement supportés par les industriels, ce qui nécessite quelques investissements, ces derniers sont d’ores et déjà les premiers à bénéficier des bienfaits directs de la réglementation. A savoir:
– un poste de coûts ‘santé au travail’ réduit, avec des ouvriers exposés a minima à des substances chimiques préoccupantes; ce qui aura pour effet induit d’augmenter la longévité au travail en en minimisant la ‘pénibilité’ – terme ô combien galvaudé ces temps-ci dans les contrées gauloises; en ligne de mire: une compétitivité accrue de l’Europe et des opportunités de ré-industrialisation et de rapatriement d’unités de production pour les producteurs;
–  en raison de l’effort nécessaire de substitution des substances chimiques extrêmement préoccupantes (l’archi-connue Annexe XIV de la directive) ou SVHC (Substances of Very High Concern), les bureaux d’études (engineering) et des méthodes vont devoir très sérieusement creuser le sujet de l’éco-conception. Ce qui aura pour objet d’impacter l’ensemble de la chaîne de valeur industrielle (à commencer par le poste Achats de Production, et donc les équipes d’acheteurs qui vont s’enquérir de nouveaux fournisseurs).
Avec la poussée constante de la double tendance lourde de la ‘consommation responsable’, chez les consommateurs, et des ‘achats responsables’ dans les entreprises, la mise en oeuvre de l’éco-conception via l’éradication des substances cancérigènes et présentant un risque pour l’environnement est une véritable aubaine pour les producteurs d’articles, qui se verront, au pire renforcer leurs positions concurrentielles chez leurs clients existants, au mieux ouvrir de nouveaux marchés friands de produits propres.

Comme l’édicte le fameux article 33 du réglement REACH, tout particulièrement dédié aux producteurs et importateurs d’articles, l’essentiel pour prendre les bonnes décisions est de disposer de données exploitables. La question de la traçabilité des substances chimiques présentes dans les articles est donc essentielle, pour ne pas dire centrale à REACH (souvenons-nous: « no data, no market » qu’ils disaient). Aussitôt dit, aussitôt fait? Pas simple lorsque le moindre produit fait appel à des dizaines, des centaines, des milliers, des dizaines, centaines de milliers parfois, de sous-traitants et fournisseurs.

C’est ici qu’intervient le web: la révolution du web fut d’annihiler la notion de distance géographique (« The World is Flat ») entre les individus et l’information (Yahoo!, Google,…), entre les individus et les individus (Skype, Gmail, Hotmail, Facebook, MySpace,…), entre les individus et les entreprises (e-Commerce, sites institutionnels,…), entre les administrations et les acteurs économiques (déclarations dématérialisées), entre les entreprises et les entreprises (emails, vidéoconférences, EDI, XML,…). La force, et l’intérêt du web est de faciliter la mise en relation, la collecte d’informations, la collaboration, et l’organisation de l’information. Et si des doutes étaient auparavant émis quant à la fiabilité des connexions réseaux, et la sécurité des données stockées, ces 2 réserves sont aujourd’hui largement levées dans tous les pays industrialisés pour la qualité des infrastructures Internet, et avec la consécration du cloud computing (des dizaines de milliers d’entreprises stockent leurs données les plus précieuses, les données clients, chez l’éditeur d’applications de CRM en ligne Salesforce.com), même dans les industries réputées sécuritaires (les banques et les industries de Défense).

C’est à l’aune de ce constat que Verteego a développé REACHGarden.com, en partenariat avec Messier-Dowty, leader mondial des trains d’atterrissage et filiale du Groupe SAFRAN. REACHGarden.com est une plateforme web unique de traçabilité des substances chimiques préoccupantes dans les chaînes d’approvisionnement industrielles (pour les producteurs d’articles) ou auprès des fournisseurs d’articles (pour les distributeurs). Les bénéfices de cette solution sont d’optimiser chez nos clients le temps des acheteurs et équipes dédiées à REACH (QHSE, Supplier Performance ou Qualité Achats,…) en automatisant les campagnes de collecte de données, et d’offrir à nos clients un levier indéniable de compétitivité face à leurs concurrents qui sont encore à l’heure des feuilles de calcul qui circulent par courriel, ou pire, des centres d’appel qui dérangent les fournisseurs (quand ce n’est pas les campagnes de courrier papier). Le tout en garantissant la traçabilité des-dites données REACH et d’emprunter à la chaîne d’approvisionnement, à tous niveaux, un minimum de ressources et de temps. Alors, casse-tête REACH? Avec REACHGarden.com, qui s’assure d’utiliser tous les leviers du web (collaboration, simplicité, traçabilité) la directive l’est tout à coup beaucoup moins.

Comme toute démarche systématisée, celle-ci requiert des investissements. Investissements qui:
1) seront rentabilisés dans les 18 mois tout au plus;
2) sont moindres vs. une démarche moins systématique (pour ne pas dire moins professionnelle);
3) sont bien moindres que les coûts de non conformité.

Pour avoir une bonne idée de ces derniers, les équipes de Verteego viennent de finaliser la rédaction d’un livre blanc sur les risques juridiques de non conformité des producteurs et distributeurs d’articles avec REACH. Ce livre blanc est bien sûr gratuit, et disponible sur simple demande téléphonique ou courriel (reach at verteego point com).