Rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement : « Les politiques environnementales en Europe »

SOER-2015--The-European-environmentConférence : “Les politiques environnementales en Europe”  organisée à SciencesPo Paris le mardi 17 mars 2015.

Cette conférence avait pour objectif de présenter le Rapport d’évaluation de l’état de l’environnement en Europe, publié le 3 mars 2015, qui a été conçu et rédigé par l’Agence Européenne de l’Environnement. Le rapport propose une analyse des tendances et perspectives de mise en œuvre de l’agenda européen en matière d’environnement pour la période 2015-2020.

La présentation a été animée par Sybille Van den Hove, directrice et partenaire au sein du cabinet barcelonais MEDIAN S.C.P, qui a brillamment détaillé l’organisation et les axes d’analyses de ce rapport.

Ce rapport est structuré en trois parties. La première partie présente le contexte de la politique environnementale européenne, l’impact de nos activités sur l’environnement, les défis fixés par l’Europe ces quarante dernières années ainsi qu’une première analyse des ambitions et perspectives à court, moyen et long terme en matière de politique environnementale. La deuxième partie est un état des lieux de la politique environnementale actuelle. Cette partie présente les résultats des directives et mesures mises en place en matière de protection de l’environnement, du bien-être de notre société, de la gestion efficace des ressources et de la protection contre les risques environnementaux. La dernière partie du rapport est une analyse prédictive et présente les défis auxquels l’Europe est confrontée pour atteindre ses objectifs fixés pour 2050.

Voici un (long) extrait du document « L’environnement en Europe – Etat et perspective 2012 – Synthèse » que vous pouvez vous procurer sur le site de l’Agence Européenne de l’Environnement :

En 2015, l’Europe se situe à peu près à mi-chemin entre la politique environnementale de l’UE lancée au début des années 1970 et sa vision à l’horizon 2050 intitulé « Bien vivre, dans les limites de notre planète »

                Les politiques environnementales sont une source d’opportunités économiques et participent ainsi à la stratégie Europe 2020, destinée à transformer l’UE en une économie intelligente, durable et inclusive d’ici 2020. Par exemple, l’industrie de l’environnement, un secteur d’activité produisant des biens et services réduisant la dégradation de l’environnement et maintenant les ressources naturelles, a augmenté de plus de 50 % entre 2000 et 2011. C’est l’un des rares secteurs économiques à prospérer en termes de revenu commercial et de création d’emplois depuis la crise financière de 2008.

                Malgré les améliorations environnementales de ces dernières décennies, les défis auxquels l’Europe est confrontée aujourd’hui sont considérables. Le capital naturel européen se dégrade à cause des activités socio-économiques comme l’agriculture, la pêche, le transport, l’industrie, le tourisme et l’expansion urbaine. De plus, les pressions mondiales sur l’environnement se sont accentuées à un rythme sans précédent depuis les années 1990, alimentées surtout par la croissance démographique et économique ainsi que l’évolution des modes de consommation.

                S’appuyant sur des données et informations provenant de nombreuses sources publiées, le rapport évalue les tendances et les perspectives de l’environnement en Europe dans un contexte mondial, et analyse les possibilités d’aligner les politiques et les connaissances sur la vision 2050. Les actions sont axées sur trois domaines clés pour atteindre la vision 2050 :

  • Préserver le capital naturel qui soutient la prospérité économique et le bien-être humain.
  • Stimuler une économie sobre en carbone et en ressources ainsi que le développement social.
  • Protéger la population contre les risques sanitaires liés à la pollution de l’environnement.

                Malgré les nombreuses améliorations apportées par la politique environnementale, des difficultés importantes restent à surmonter dans chacun de ces domaines. Le capital naturel de l’Europe n’est pas encore protégé, conservé et renforcé conformément aux ambitions du 7ème Programme d’action pour l’environnement. La réduction de la pollution a considérablement amélioré la qualité de l’air et de l’eau en Europe. Mais la perte de fonctions des sols, la dégradation des terres et le changement climatique restent des préoccupations majeures, menaçant les flux de biens et services environnementaux qui soutiennent le rendement économique de l’Europe et le bien-être de ses citoyens.

                Une forte proportion d’espèces protégées est considérée dans un état de conservation défavorable, et l’Europe est loin d’être en mesure de réaliser son objectif général visant à enrayer la perte de biodiversité d’ici 2020. En ce qui concerne l’utilisation efficace des ressources et la société sobre en carbone, les tendances à court terme sont plus encourageantes. En Europe, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 19 % depuis 1990 malgré une hausse de 45 % de la production économique. L’utilisation des combustibles fossiles a baissé, tout comme les émissions de certains polluants dans le secteur du transport et de l’industrie. Plus récemment, le total des ressources utilisées dans l’UE a baissé de 19 % depuis 2007 ; de même les volumes de déchets générés décroissent et les taux de recyclage se sont améliorés dans presque tous les pays. Les réductions d’émissions de gaz à effet de serre prévues actuellement sont insuffisantes pour que l’UE puisse réaliser sa vision 2050, à savoir réduire les émissions de 80 à 95 %. Concernant les risques sanitaires liés à la pollution de l’environnement, des améliorations ont été remarquées dans la qualité de l’eau potable et des eaux de baignade au cours de ces dernières décennies et les taux de certains polluants dangereux ont été réduits. Toutefois, en dépit des quelques améliorations dans la qualité de l’air, la pollution atmosphérique et sonore continue à avoir de graves incidences sur la santé publique, particulièrement en zone urbaine. En 2011, près de 430 000 décès prématurés dans l’UE ont été attribués aux particules en suspension.

                Dans les prochaines décennies, les perspectives en matière de risques environnementaux pour la santé sont incertaines, mais soulèvent des préoccupations dans certains secteurs. Il est probable que les améliorations prévues de la qualité de l’air, par exemple, ne suffisent pas pour mettre un terme aux dommages occasionnés à la santé et à l’environnement ; de même, l’impact du changement climatique sur la santé devrait s’aggraver.

                Dans l’ensemble, l’analyse suggère que ni les politiques environnementales seules ni les économies fondées sur l’efficacité technologique ne suffiront pour atteindre la vision 2050. Pour vivre bien en respectant les limites écologiques, il faut donc entreprendre une refonte complète des systèmes de production et de consommation qui sont à l’origine des pressions exercées sur l’environnement et le climat. Quatre approches établies et complémentaires pourraient aider à progresser vers une transition écologique à long terme :

  • Atténuer les impacts connus sur les écosystèmes et la santé humaine tout en créant des opportunités socio-économiques au travers des innovations technologiques économes en ressources.
  • S’adapter aux changements climatiques et autres changements environnementaux en renforçant la résilience, par exemple dans les villes.
  • Eviter les dommages potentiellement sérieux pour la santé, le bien-être humain et les écosystèmes en appliquant le principe de précaution et des mesures préventives basées sur la veille scientifique et les systèmes d’alerte précoce.
  • Rétablir une résilience des écosystèmes et de la société en améliorant la gestion des ressources naturelles, tout en contribuant au développement économique et en s’attaquant aux inégalités sociales.

                Dans son 7ème Programme d’action pour l’environnement, l’Europe prévoit que les jeunes enfants d’aujourd’hui vivront près de la moitié de leur vie dans une société sobre en carbone, fondée sur une économie circulaire et des écosystèmes résilients. La réalisation de cet engagement peut placer l’Europe à la frontière de la science et de la technologie, mais exige un plus grand sentiment d’urgence et des actions plus courageuses. Ce rapport apporte une contribution fondée sur la connaissance pour atteindre ces objectifs et cette vision.    

Selon nous, cet extrait est le meilleur résumé possible de ce rapport de 100 pages que nous vous invitons non seulement à lire attentivement, mais surtout à analyser sans modération tellement il est passionnant. En effet, il s’agit d’un véritable guide pratique des pistes à explorer pour réfléchir aux solutions innovantes à mettre en oeuvre pour transformer notre économie de façon durable et intelligente à l’horizon 2020.

Sources :

http://www.eea.europa.eu/soer-2015/synthesis/lenvironnement-en-europe-etat-et

http://ec.europa.eu/environment/pubs/pdf/factsheets/7eap/fr.pdf

http://www.eea.europa.eu/soer