Conférence OREE : Le reporting des collectivités et des entreprises au regard des dernières évolutions réglementaires

A l’occasion de la publication de leur bilan 2015 sur la troisième année d’application du reporting extra-financier obligatoire (Article 225 de la loi Grenelle II), l’association Orée a organisé le 17 novembre 2015 à la SAF Agr’Idées une après-midi de conférences sur le sujet. À la présentation des résultats de l’étude (téléchargeable au complet sur leur site internet) a succédé une série de témoignages d’entreprises et collectivités engagées dans la RSE. Trois thèmes – le climat, la biodiversité et les risques dans la chaine d’approvisionnement – ont été abordés à chaque fois par une entreprise et une collectivité, permettant de réunir et comparer les expériences et recommandations de ces deux entités bien différentes.

Plutôt que de restituer l’intégralité des quatre heures de conférences, voici la compilation des points et interventions qui ont plus particulièrement retenus mon attention.

Tout d’abord, l’étude portait sur les informations sociales, environnementales et sociétales de 70 entreprises diverses. Ses conclusions ont permis de montrer avec encore plus de finesse l’impact de l’évolution de la règlementation sur les entreprises, leur maturité et les difficultés qu’elles rencontrent. Globalement, les entreprises françaises progressent dans leur reporting sur le thème du changement climatique (avec l’amélioration des renseignements sur les émissions de gaz à effet de serre) et sur leurs chaines d’approvisionnement (politique d’achats, sous-traitance et relations avec la chaine). La mise en place d’une politique d’adaptation au changement climatique, la prise en compte de l’interdépendance des activités avec la biodiversité et l’évaluation de l’importance de la sous-traitance sont cependant à travailler car encore mal renseignés dans les bilans de gestion.

D’après l’étude transverse, un net besoin de clarification et d’homogénéisation des méthodes de reporting d’une entreprise à l’autre est nécessaire malgré l’amélioration de la communication et de la transparence sur le sujet. Il est presque impossible, pour l’heure, de comparer des données entre entreprises aux vues de l’imprécision des indicateurs et de l’hétérogénéité des secteurs d’activité.

Accompagnés de recommandations pour les entreprises mais aussi pour les autorités en charge des travaux de transposition de la Directive européenne en Droit français (prévue pour fin 2016), cette étude offre une vision claire des écarts de qualité de renseignement des items règlementaires et des pistes d’amélioration possibles pour l’année prochaine.

 

La mise en regard, dans la deuxième partie des conférences, des entreprises et des collectivités suivant les trois thèmes abordés dans l’étude permettait une transition logique et une illustration immédiate des pistes à suivre pour construire l’avenir de la RSE. Des expériences intéressantes, des intervenants engagés et des projets ambitieux se sont succédés jusqu’à la fin de l’après-midi.

Pour n’en citer que deux dans le thème encore si peu abordé et pourtant fondamental qu’est la biodiversité, Pierre MEFFRE et Dimitri COULON ont présenté la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) qui mène des actions ambitieuses pour la préservation du milieu naturel de ses domaines, en partenariat avec les locaux, et n’hésite pas à mesurer ses actions traduites en certifications telles que Lucie, AFAQ 26000 et Label Diversité.

Ensuite, Paméla BAILLY d’Angers Loire Métropole nous a présenté leur Agenda 21 Biodiversité comportant un reporting en trois niveaux : le suivi des actions, l’évaluation annuelle et le bilan mi-parcours prévu pour 2017. La soixantaine d’actions ciblées en 2014 pour 2020 ont toutes pour but de mesurer l’impact de l’activité humaine sur son écosystème et de préserver ce milieu fragile. Les actions sont suivies et évaluées grâce à des tableaux de bord incluant 5 axes, 13 sous-objectifs et une quarantaine d’indicateurs sur la biodiversité ainsi qu’une dizaine sur l’avancement du projet en soi. Ces indicateurs ont été mis en place par un comité technique et un comité scientifique regroupant techniciens, membres des communes, associations et membres de l’enseignement supérieur. Le comité des élus juge ensuite de la priorisation des actions à venir et des éventuels ajouts pendant le projet.

 

Ces deux intervenants ainsi que tous les autres (RTE, Conseil du Pays de la Loire, Solocal, Conseil Départementaux de l’Essonne et de la Seine-et-Marne, etc.) démontrent l’étendue des possibilités qui s’offrent aux acteurs de la RSE pour faire du reporting un levier de la transition et un outil de conduite du changement dans mais aussi autour de leurs organisations.

A la fin des quatre heures bien remplies, les échanges auraient pu se poursuivre mais le pot de networking n’était pas au rendez-vous : un petit regret de ce côté malgré la qualité des intervenants et de leurs projets.