Optics Valley, cluster francilien du logiciel: entretien avec Thomas Toutain-Meusnier

La parole à un partenaire institutionnel cette fois: Opticsvalley. Opticsvalley est une association dont le positionnement assez exceptionnel en fait un vecteur unique d’innovation en Ile-de-France. Verteego est l’un des 202 adhérents d’Opticsvalley répartis dans 3 catégories de même importance statutaire: des collectivités publiques comme le Conseil Régional d’Ile-de-France ou le Conseil Général de l’Essonne, des entreprises comme Sagem Défense & Sécurité, Alcatel-Lucent, Thalès ou encore Léosphère, des organismes académiques et centres de recherche comme l’Ecole Polytechnique, Sup’Optique, l’Université d’Orsay ou encore le CEA. Opticsvalley avait déjà apporté un énorme coup de projecteur sur Verteego, avec notre nomination au prix Fibre de l’Innovation 2011 remis à l’UPMC devant un parterre prestigieux. Plus récemment, Opticsvalley s’est lancé avec le cluster des éco-activités franciliennes Durapôle dans une entreprise de mise en valeur du potentiel francilien en matière de logiciel vert. C’est dans ce cadre que j’ai fait la connaissance de Thomas Toutain-Meusnier, le très dynamique chef de projet éco-activités chez Opticsvalley. Entretien.

– Qui êtes-vous Thomas Toutain-Meusnier?

Je suis chef de projet éco-activité au sein de l’association Opticsvalley.

– Quel est votre parcours?

Des études de chimiste m’ont amené à côtoyer le monde passionnant de la recherche notamment au sein de l’IRSTEA (Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture). Puis, animé par la conviction que les liens devaient être renforcés entre les différents acteurs et compétences d’un même territoire, j’ai évolué au sein du réseau des entreprises éco-industrielles de Plaine Commune. Fort de cette première expérience de réseau, j’ai pu entamer une nouvelle aventure au sein d’Opticsvalley avec la mission de valoriser l’apport des hautes technologies dans la résolution des problématiques environnementales.

– Vous représentez le réseau Opticsvalley. Quelle est sa mission?

Opticsvalley est l’ambassadeur des hautes technologies en île-de-France. Chaque jour et depuis plus d’une douzaine d’année, les 15 permanents de l’association œuvrent au développement et à la valorisation des compétences franciliennes en matière de hautes technologies. Cela se traduit par des actions dédiés à la visibilité des entreprises et des  laboratoires, à l’emploi, à la mise en relation, à la veille marchés et technologique, et à la mise en œuvre de projet R&D.

– Pourquoi adhérer à Opticsvalley?

Faire partie de notre association, c’est s’ouvrir les portes d’une communauté technologique de haut niveau . C’est la possibilité de se voir accompagner et guider dans la recherche de financement (dispositifs régionaux, nationaux, européens). C’est aussi la possibilité d’être acteur de sa filière à travers des projets collaboratifs, des témoignages lors de manifestation publiques, des groupes de travail thématiques…

(Note de Verteego: on confirme!)

– Au sein d’Opticsvalley, quelle est la place des éco-activités?

Les éco-activités sont un des quatre segments applicatifs des hautes technologies qui bénéficient de ressources dédiées au sein de notre association. De la mesure de l’information à sa restitution, de la détection d’une pollution à sa remédiation, les technologies représentées au sein de notre réseau ont leur place. J’en veux pour preuve :

l’explosion de sujets tels que l’accès à l’information environnementale, la connaissance et la traçabilité précise des niveaux de pollution, aussi bien d’un point vue environnemental que sanitaire;

la collaboration étroite avec des entités spécialisées sur les éco-activités telles que Durapôle, Nova Green, le pôle Advancity ou le PEXE (association pour la promotion et le développement international des éco-entreprises de France).

– A quelles actions dédiées aux éco-activités participe Opticsvalley?

Depuis 2011, Opticsvalley est partenaire du plan régional en faveur des éco-activité Greendustry. Ce plan piloté par le pôle Advancity et financé par la région île-de-France et la DIRECTTE a vocation à développer la filière des éco-activités franciliennes. Opticsvalley a pour objectif de démontrer le potentiel de développement des TIC sur les marchés porteurs des éco-activités pour les PME franciliennes. Des études, que nous pilotons, sont accessibles sur notre site.

Depuis juillet 2012, nous lançons des groupes de travail sur le thème de la qualité de l’air intérieur des bâtiments avec un focus sur la facilitation de l’expérimentation et sur la construction d’un référentiel de qualification des systèmes en fonction des usages et des typologies de bâtiments.

Enfin, en partenariat avec Durapôle, un travail de valorisation des éditeurs de logiciels dans le domaine des éco-activités a  été entamé. Notre objectif est de démontrer la place incontournable de ce métier dans les filières environnementales.

– Opticsvalley est donc également le réseau du logiciel : comment voyez-vous les innovations logicielles et écologiques collaborer?

Je crois qu’il est maintenant évident de considérer l’apport de l’informatique à la résolution des problématiques environnementales au-delà de sa capacité  à diminuer sa propre empreinte notamment d’un point de vue énergétique (Green IT) même si beaucoup de choses restent à faire.

Le logiciel a toute sa place dans l’ensemble de solutions auxquelles il est nécessaire de recourir pour augmenter notre performance environnementale (IT for green). Nous pouvons aller plus loin dans cette classification. En effet, il y a les logiciels de gestion de l’entreprise, indifférents du secteur d’activité, qui permettent la réduction des déplacements, le non recours aux fournitures papier par exemples. Et il y a le champ, très large, des produits qui permettent à des acteurs de l’environnement (eau, air, déchets, énergie) d’optimiser leurs services et leurs performances en ayant recours à des solutions logicielles intégrées ou non. Je pense aussi ici aux outils de suivi  et de reporting environnemental qui in fine permettent la mise en place de plans d’action. En conclusion, je suis convaincu notamment au regard du volume de donnée collectées, du besoin d’information et de simplification, que le logiciel s’imposera comme une brique de plus en plus essentielle dans la création d’offres de prévention et de remédiation.

– Quels sont les besoins les plus prononcés des donneurs d’ordres en matière de logiciels verts?

Il est difficile de répondre à cette question de façon précise car la variété des donneurs d’ordres est grande et la définition d’un logiciel vert est encore floue. Néanmoins si un besoin était commun à l’ensemble des secteurs d’activités, je crois qu’aujourd’hui et de par les obligations réglementaires, la question de la responsabilité sociétale des entreprises notamment à travers la traçabilité et la transparence des informations environnementales est cœur des préoccupations.

Je finirai en précisant que l’objet de la collaboration d’Opticsvalley avec Durapole a pour but d’éclaircir le périmètre du logiciel vert et donc d’interroger les donneurs d’ordres sur leurs besoins de façon plus précise par exemple en collaboration avec Pacte PME.

– Quelle est votre vision d’un territoire francilien gagnant à l’international ?

Je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre à cette question de façon exhaustive. Mais ma présence sur le terrain auprès des entreprises et des laboratoires du monde des éco-activités m’amène à constater que l’ile-de-France est nourrie de compétences, d’un fort esprit d’entrepreneuriat,  riche de solutions innovantes et bénéficie d’un soutien politique sans faille. Autant d’atouts qu’il nous revient, à nous agents de développement économiques, de mettre en musique et ainsi de proposer à des partenaires internationaux des offres de services globalisées bénéficiant d’un retour d’expérience sur notre territoire. A titre d’exemple: l’AMI expérimentation in situ in vivo lancée par la Région Ile-de-France cet été est un bon vecteur de développement à l’export pour les PME-PMI franciliennes.

Merci Thomas Toutain-Meusnier pour cet entretien!