Retour sur la quatrième et dernière rencontre Open Map Numériques

openmapnumeriquesAprès 3 rencontres organisées autour des sujets du numérique pour le secteur public, Open Map Numériques se clôturait avec cette ultime après-midi consacrée à l’open data. Le dernier volet de cet événement porté par Maximilien, portail des marchés publics franciliens, et financé par la Région Île-de-France, s’est déroulé le 12 mai 2016 aux Archives Nationales de Pierrefitte-sur-Seine (93). Au programme : bilan de l’opération Open Map, pitchs d’entrepreneurs du numérique, table ronde et rencontres bilatérales entre acheteurs publics et prestataires du numérique.

D’après l’organisateur de l’événement, les rencontres ont compté :

  • 57 acheteurs publics présents – dont 15 à cette dernière rencontre
  • 449 rendez-vous organisés – dont 130 à cette dernière rencontre
  • 49 pitchs d’entrepreneurs – dont 8 à cette dernière rencontre

La création de l’Open Map Numériques résultait initialement de la méconnaissance entre acheteurs publics et PME du numérique, mais aussi des collectivités entre elles. C’est du moins ce qu’a souligné Thomas Gouzenes, Chef du département Développement Économique, Compétitivité, International de DIRECCTE Île-de-France. Il est utile et nécessaire de faire connaître les activités innovantes aux acheteurs publics, et même s’il existe des plateformes de recherche, rien n’est aussi efficace que des rendez-vous B2B. Ils matérialisent la rencontre entre deux mondes différents, comme l’exprime Véronique Torner, Présidente de la Commission PME de Syntec Numérique.

Quelques chiffres pour illustrer ces propos liminaires : une récente commission d’enquête du Syntec Numérique a d’ailleurs montré que 74% des PME sont intéressées par les marchés publics mais que 80% rencontrent des difficultés importantes d’accès au marché, s’ajoutant aux problèmes existants d’accès aux financements et de relation entre PME et grandes entreprises (notamment avec les délais de paiement). Ces chiffres sont d’autant plus parlants que 60% des fournisseurs de l’UGAP (Union des Achats Publics) sont des TPE-PME, d’après Yamina Rocher, Expert technique PME et innovation. Rapprocher entrepreneurs et acheteurs publics sont donc un objectif commun à toutes ces entités et ouvrira des opportunités pour chacun des deux partis.

Dans ce sens et depuis le 1er avril 2016, la réforme de la commande publique vise à moderniser et simplifier le droit des marchés publics, notamment en faveur des entreprises et de l’innovation. Avec un objectif ambitieux de 2% de la commande publique passant par des achats publics innovants, ce décret préfigure un autre bouleversement de taille : l’ouverture des données des marchés publics en octobre 2018. La France à en effet rejoint l’Open Government Partnership (OGP) en avril 2014 et en prendra la présidence cet automne. La France a donc suivi les recommandations de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en incitant les acheteurs publics à rendre progressivement « accessibles sous un format ouvert et librement réutilisable » les « données essentielles » de tous les marchés publics.

La table ronde de cette 4e rencontre « Open data et territoires, partager ses données publiques pour créer de la valeur », était l’occasion d’approfondir ce sujet. Cette ouverture des données doit être un accélérateur de business pour les entreprises et simplifier leurs démarches. Christophe Libert, Chef du service innovation numérique de la Région Île-de-France l’a exprimé clairement : l’open data tel qu’il existe aujourd’hui et qu’il se développe depuis 2013 ne sert à rien. Ce qui change avec cette ordonnance, c’est qu’il va être rattaché à une norme. Les territoires ont pour l’instant travaillé sur la quantité de données mises à disposition, mais pas sur leur qualité et leur homogénéité. Ce premier défi s’accompagne d’un deuxième plus important : la conduite du changement à opérer pour une publication régulière des données et leurs mises à jour. Il est en effet évident que certains risques sont soulevés. Le principal étant la peur d’une donnée incomplète qui fausserait les comparaisons et le positionnement des entreprises. Les gestionnaires des marchés doivent compléter les données au fil de l’eau et dès l’ouverture d’un nouveau marché, en jonglant avec la confidentialité de certaines activités par exemple. Tous ces freins devront être levés au fur et à mesure, afin d’atteindre les 100% de données disponibles.

Ce bouleversement représente toutefois une opportunité pour les régions et les acteurs publics qui pourront prouver que les administrations et les startup peuvent travailler et travaillent déjà ensemble, et qu’il existe une réelle diversité des prestations demandées par les territoires. Pour les entreprises, c’est la garantie de l’accès aux prix du marché, à des comparaisons possibles entre différents territoires, et à l’ajustement de leur prestation aux besoins réels grâce à l’historique des commandes. La question du « go / no go » trouve enfin sa réponse, et pour les startups, c’est d’autant plus motivant de savoir qu’il est possible de vendre aux collectivités et d’avoir les informations clefs pour y parvenir. Lors de cette table ronde, deux critères de réussite furent soulevés : la nécessité d’animer la démarche qui peut s’essouffler et ne plus garantir la mise à disposition régulière et dynamique des données, et la définition des formats pivot et des normes pour que les données publiées soient cohérentes et comparables d’un territoire à un autre, d’un marché à un autre.

Pour Sandrine Bousquet, en charge de la mise en œuvre programme pour GIP Maximilien, ce programme a donné l’opportunité d’innover dans les pratiques d’achat en anticipation du nouveau décret marchés publics qui encourage le sourcing. En accompagnant les acheteurs publics tout au long du programme, ces derniers ont pu échanger sur leurs pratiques d’achats et disposer de retours d’expérience d’acheteurs plus expérimentés en la matière

Alors que cette table ronde préfigure les défis de l’open data de demain, les « speed meetings » avec les acheteurs publics concrétisaient ce rapprochement entre territoires et administrations d’une part et PME du numérique d’autre part. Avec les changements à venir, c’est donc le bon moment pour qu’une initiative comme celle d’Open Map Numériques soit renouvelée et démultipliée au sein des régions. De notre fenêtre d’acteur du numérique chez Verteego, il est évident qu’une telle initiative contribue à faire de l’économie française un terreau d’un développement plus durable car plus transparent, simple, et efficace.