SIMI 2017 : le numérique affirme sa place pour mieux faire ressortir l’essentiel du cadre bâti

Encore une fois le SIMI a servi de vitrine commerciale et de communication aux grands et aux petits acteurs du monde du bâtiment et de l’immobilier. Les territoires et aménageurs ont profité pour mettre en valeur leurs grands projets, afin d’attirer les investisseurs.

Le numérique vient en appui des maquettes (réelles) de toute taille et la réalité virtuelle affirme son irruption avec de plus en plus de prestataires proposant des offres variées.

Des acteurs majeurs des services affirment et étoffent leur offre, à l’image d’ENGIE proposant une panoplie de services couvrant tous, ou presque, les besoins d’une ville, à partir d’un véritable « living lab », comme le projet lauréat de Réinventer Paris pour le Quartier Pleyel. Une vitrine idéale pour tester et afficher ses solutions « smart city » et préfigurer une place nouvelle et incontournable dans le futur de l’aménagement des villes et territoires.

L’économie circulaire marque une évolution palpable et significative dans les sujets abordés. Elle s’est invitée de plusieurs manières, d’une part à travers l’affichage de projets de réhabilitation, tendance affirmée depuis quelques années et dont La Défense est une vitrine de taille. À l’image de la Tour First, projet précurseur dans la réhabilitation de haute valeur ajoutée, les réhabilitations deviennent une nouvelle niche de savoir-faire, les projets prestigieux servent à expérimenter et tirer vers le haut les opérations courantes. Il ne s’agirait pas d’un simple calcul arithmétique de surfaces à conserver par rapport au PLU à l’image des immeubles haussmanniens désossés pour rentabiliser l’opération, mais une considération nouvelle sur l’impact carbone et l’énergie grise. En effet, la différence entre démolition – reconstruction et réhabilitation représenterait environ 80 ans d’exploitation en termes d’impact carbone. Une nouvelle conscience s’instaure, à voir si dans la « com » ou dans l’ADN des promoteurs…

Économie circulaire aussi à travers le réemploi, à l’instar des plateformes Circolab et Cycle up. Les acteurs se fédèrent, autour d’un modèle associatif pour le premier, privé pour l’autre. Les initiatives cherchent à dépasser le seul cadre des déchets, sans doute louable comme démarche, reste à savoir et à prouver si cela est réaliste. Dans ce contexte l’application digitale de Verteego DiGest_BTP apparaît comme un maillon pertinent. Solution de terrain pour améliorer la gestion de déchets des chantiers, l’outil collaboratif et évolutif pourra œuvrer comme levier pour une meilleure intégration de l’approche d’économie circulaire dans la chaîne de valeur de la construction.

À travers l’appel à des « Villes inclusives » on découvre que l’opulence des projets cache les inégalités inhérentes au développement immobilier spéculatif. Paris veut prendre le devant pour traiter ces problèmes, le site de l’hôpital Saint Vincent de Paul est mis en avant comme exemple. Place donc à « l’urbanisme temporaire » et aux initiatives « alternatives » et citoyennes, à l’image aussi des prix d’économie circulaire décernés par la Ville lors du Grand Paris Circulaire, en franc contraste avec les prix du SIMI. À chacun sa place, même si les zones d’influence se télescopent et les différents acteurs arrivent à parler entre eux. Réinventer Paris et la Métropole apparaissent ainsi comme des projets que, toute en jouant sur la spéculation, intègrent la ville inclusive. Jean-Louis Missika parle de « projets privés d’intérêt commun » et de « créer des communs urbains ». Équilibre à trouver…

Le SIMI a servi aussi au lancement d’un observatoire du bâtiment connecté et communicant. L’Etat, les associations SBA (Smart Building Alliance) et HQE GBC, les certificateurs Certivea et Cerqual, et une soixantaine d’acteurs ont signé ainsi une charte pour un « Bâtiment connecté, bâtiment solidaire et humain ». Le numérique appelé à confirmer la performance des bâtiments, et pour servir comme base du nouveau label Ready2Services, posant la France à l’avant-garde de cette initiative, avec ses 6 thèmes allant de connectivité au Management responsable. Pour répondre à l’objectif du Gouvernement « construire plus, mieux et moins cher », tous les acteurs de toutes les étapes du cycle de vie des bâtiments doivent contribuer, boostés par le numérique, pour faire des bâtiments connectés et communicants, performants et évolutifs.

Terrain fertile pour le numérique, le BTP avance pour rattraper son retard, le haut de la chaîne de production par le BIM et la réalité virtuelle, jusqu’à l’aval, l’exploitation, avec les multiples solutions liées au suivi pour garantir performance et rentabilité, aussi bien pour les bâtiments, les quartiers et les villes.

En citant à Carlo Ratti du « Senseable City Lab », « c’est ainsi qu’à la croisée de « bytes et de briques » nos villes deviennent progressivement des « ordinateurs à ciel ouvert », mais au fur et à mesure que la technologie continue de se dématérialiser et d’imprégner l’environnement physique ce sont les aspects non numériques de la vie qui émergent : l’environnement, l’esthétique, et le vivre ensemble. »

Daniel Kaufman, décembre 2017