Rencontre avec LI Tie, DG du Centre Chinois de Développement Urbain

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Source & credits : Axel Demartene

Dans un contexte post COP21 se dessine le rôle « majeur » de la coopération entre le China Center for Urban Development (CCUD) et l’Union Européenne pour développer des projets concrets d’aménagement et d’urbanisation en Chine. C’est à cette occasion que les relations France-Chine en la matière cherchent à se développer et prendre de l’ampleur, se matérialisant notamment par le déplacement à Paris de M. LI Tie, directeur général de la CCUD, en ce début mars 2016.

Au programme du déplacement de LI Tie à Paris : visite officielle au Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, puis à la Mairie de Paris, accueil au Sénat par Jean-Pierre Raffarin, tour du projet franco-chinois d’Eurocity à Châteauroux, rencontre de représentants d’entreprises actives en Chine dans les nouveaux locaux de la Fondation Prospective & Innovation dont nous vous faisons part ci-dessous, et visite du siège de Dassault Systèmes.

La Fondation Prospective et Innovation, Présidée par M. Raffarin, fut donc le lieu de rencontre le vendredi 4 mars 2016 entre M. LI Tie et une vingtaine de représentants d’entreprises, dont Verteego, membres du réseau Vivapolis et actives en Chine.

Déjà en 2015, la CCUD et la Fondation Prospective & Innovation avaient eu l’occasion de discuter des enjeux de l’urbanisation et de l’aménagement en Chine. L’objectif cette fois était de présenter à LI Tie un échantillon de solutions françaises pour la ville durable, dans le but d’ouvrir de nouvelles pistes de coopération et de projets. Encadrés par Axel de Martene, Directeur International d’EuropExpo, la rencontre s’est concentrée sur la description du rôle de la CCUD, ses activités et les enjeux auxquels elle s’intéresse.

Avec la réforme chinoise, pilotée par la National Development and Reform Commission (NDRC), la CCUD est chargée de définir les grandes politiques stratégiques en matière d’urbanisation, d’aider à la coopération entre les acteurs, et de créer des villes exemplaires en Chine pour en faire des modèles de développement futur.

LI Tie a rappelé l’engagement de la Chine à se développer de manière responsable sur le plan écologique également. Son urbanisation très rapide et sa population toujours grandissante, avec 750 millions de Chinois vivant dans des espaces urbanisés et ses 20 000 villes en cours d’urbanisation donnent tout de suite la mesure de l’enjeu. Au final, ce seront 100 millions de Chinois urbanisés en plus d’ici 2020.

Les échelles ne sont pas les mêmes qu’avec les pays européens, puisque qu’on compte à l’heure actuelle en Chine 6 villes de plus de 10 millions d’habitants, 21 villes de plus de 5 millions d’habitants, 140 villes de plus d’un million d’habitants et 1500 villes de plus de 50 000 habitants. Les grandes villes françaises sont donc équivalentes aux petites villes chinoises, mais les problématiques et les stratégies pour y répondre sont globalement les mêmes : quels logements ? quelle mobilité ? quelle organisation de la ville, de ses centres, de ses flux ? quelle énergie ? quelle agriculture ? et quelles solutions pour les villes de demain ?

La Chine semble bien déterminée à passer d’un développement extensif à une démarche écologique et à engager une transition entre une croissance de quantité à une croissance de qualité, plus durable et mieux centrée sur l’Homme.

Dans cette optique et depuis 2012, le Premier Ministre chinois XI Jinping travaille sur un grand plan d’urbanisation et met en place une coopération avec l’Union Européenne. Elle s’est déjà établie avec l’Angleterre d’une part et l’Allemagne d’autre part, et la France est en lice pour rejoindre les pays pourvoyeurs de solutions. Les domaines clés de ces partenariats sont l’urbanisation et l’aménagement, l’encouragement d’investissement français en Chine et d’investissements chinois en France dans les infrastructures (déjà ouvert aux investissements privés et étrangers), et, enfin, la promotion de la ville durable en Chine, en se basant par exemple sur l’expérience française.

Cette vision française de la ville durable et des solutions qui s’y appliquent a été ensuite résumée par l’intervention de M. Christian Lévy, inspecteur général de l’administration du développement durable au CGEDD et Membre du Comité de pilotage de Vivapolis. Pour faire la ville durable, il faut d’abord réunir des acteurs. Collectivités, entreprises, habitants, etc., incarnent autant de compétences que Vivapolis s’efforce de regrouper pour créer les modèles de la ville de demain. Les différents groupes de travail du réseau permettent de se baser sur des expériences en France et à l’étranger, et de conclure qu’il faut accepter d’imaginer la ville durable à partir d’une urbanisation existante, qu’il faut s’approprier pour y superposer l’ambition de chacun de ces acteurs indispensables à l’équilibre de la ville de demain. Les expériences chinoises comme à Chengdu, à Shenyang ou à Wuhan viennent aussi enrichir la définition de la ville durable de Vivapolis. Les investissements sont une contrainte-clé pour la France, car les collectivités ne sont pas en mesure de financer tous les projets qui doivent s’étaler, autant que possible, sur le long terme pour offrir une visibilité maximale aux entreprises qui s’y engagent. Cette visibilité s’obtient via un environnement réglementaire, avec la garantie de fonctionnement des services publics et via les PPP au sein des instances internationales. Un des points forts de la France est son aboutissement dans la normalisation : avec un groupe de travail au sein de l’Organisation Internationale de Standardisation ISO initié par la France, ce sont 23 pays participants, et les représentants chinois y sont les plus actifs. Ce sont avec eux que la France semble s’entendre le mieux dans le groupe. Cette question de norme internationale prend toute sa mesure quand on envisage que la ville de demain soit une ville connectée, une ville numérique. Il est nécessaire de définir un langage commun de communication, une vision commune de la structure de partage d’informations.

Autour de la table, on retrouvait de grands groupes comme Engie ou GE, des bureaux d’études (par exemple Terao), des agences d’architectes-urbanistes (Building for Climate), des PME innovantes (Macauto, Verteego), des représentants de Ministères (de l’Environnement et de l’Economie) ou encore le Comité France-Chine.

La conclusion de l’événement fut la suivante : les gouvernements français et chinois ont engagé un mécanisme de collaboration bilatérale pour faciliter les échanges sur l’urbanisme durable. La coopération entre la Fondation Prospective et Innovation et la CCDU, en parallèle, constitue un champs d’essai pour imaginer et implanter de nouvelles technologies et des projets exemplaires en Chine. Ils seront l’un des vecteurs de collaborations futures entre entreprises des deux pays, et seront aussi les partenaires de plusieurs événements comme la 2ème édition du EU-China Smart Mobility City Awards qui avait eu lieu à Hong Kong en novembre 2015.