Les Jeux Olympiques de Pékin sont (tout) verts !

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Les Jeux Olympiques de Pékin sont ouvert depuis le 8 août 2008 à 8h08 sous le signe du Symbole Chinoisou 8, symbole porte bonheur dans la culture chinoise.

Un porte bonheur vert puisque le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Comité International Olympique (CIO) et même GreenPeace ont tenu à saluer le travail de la Chine en matière d’environnement pour l’organisation de ces Jeux !

L’empire du milieu a dépensé plus de 17 millions de dollars et collaboré avec le PNUE et le Comité Olympique de Pékin pendant trois ans pour que les jeux controversés de Pékin soient « verts ».

20% de l’alimentation énergétiques des sites olympiques proviennent du renouvelable (éolien), une large place est donnée au solaire dans le village Olympique avec notamment la construction d’un mur solaire en partenariat avec le gouvernement canadien et l’entreprise propriétaire de la technologie, Solarval, enfin, les déchets des Jeux devraient être recyclés à hauteur de 50 % (papier, métal et plastique). N’oublions pas l’innovation architecturale de l’emblématique stade Nid d’oiseau qui intègre un complexe système de recyclage des eaux de pluie et le plan antipollution mise en place depuis le 20 juillet (circulation alternée, réduction drastique des émissions de gaz industrielles).

Parmi les nombreuses initiatives et mesures qui ont été prises, certaines ont des ambitions à long terme (amélioration du transport et de l’éclairage public, du traitement de l’eau, du chauffage et baisse de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles) et pourraient bien être transposées dans d’autres grandes villes chinoises. Dans les faits, des normes plus strictes pour les émissions de véhicules ont été mises en place avec pour ambition l’élimination progressive des substances dégradant la couche d’ozone, le réseau de transports publics de la ville s’est vu renforcé par 5 nouvelles lignes de métro et une flotte de 3 800 autobus roulant au gaz naturel comprimé, les usines de traitement des eaux usées ainsi que les systèmes de réutilisation de l’eau ont été améliorées, 32 000 ménages ont reçu un soutien pour passer du chauffage au charbon à un système électrique, enfin la première centrale d’énergie éolienne (capable de générer 100 millions de kWh par an) a été construite à Pékin.

Si Greenpeace reconnaît le travail réalisé par le gouvernement chinois, l’ONG se déclare déçue notamment par l’abandon de la politique zéro déchet au profit de la création de nouveaux sites d’enfouissement et d’incinérateurs, la non intégration des standards internationaux comme le Forest Stewardship Council (FSC) pour la construction des bâtiments dédiés aux Jeux Olympiques ou encore le manque de transparence sur de nombreuses données environnementales.

Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous une petite vidéo de 2006 de ces maîtres du message télégénique sur le thème des Jeux d’hiver.

L’ONG canadienne Probe International revient sur les larges ponctions de Pékin sur des fleuves alentours pour la préparation des Jeux alors que la sécheresse sévit lourdement dans la région. «La crise de l’eau n’a pas été créée par les Jeux olympiques, et elle ne finira pas avec les Jeux Olympiques. Mais les Jeux ont accéléré l’emploi de méthodes qui ne sont pas acceptables», déclare l’ONG comme le rapport Courrier International.

Sur de nombreux aspects, le gouvernement chinois a démontré son engagement réel dans une démarche environnementale pour l’organisation de ces Jeux. Cependant, l’accès au données environnementales est partiel et ne permet pas de se forger une opinion d’ensemble sur l’impact des Jeux (exemple du stress hydrique de la région entourant la capitale). Pour Greenpeace, ce manque de transparence empêche Pékin de rivaliser avec l’approche globale du gouvernement australien mise en place pendant les Jeux Olympiques de Sydney en 2000.