Les dessous du Plan Climat Energie Territorial

Depuis quelques mois, le Plan Climat Energie Territorial (PCET) agite les collectivités territoriales de France et de Navarre. Curieuse de nature, la première (et légitime) question qui me soit venue à l’esprit est : mais qu’est-ce donc qu’un PCET?

Depuis, j’ai eu l’occasion de tout apprendre du PCET, et je me suis même spécialisée sur la question à force de travailler avec les collectivités sur le sujet. Pour les néophytes, voici un résumé complet qui devrait vous permettre de mieux saisir les tenants et les aboutissants d’un tel projet.

Si l’on devait le résumer en une phrase, choisie soigneusement au sein du guide méthodologique de l’ADEME, un PCET est « un projet territorial de développement durable dont la finalité première est la lutte contre le changement climatique […] et qui se décline en 2 politiques : la politique d’adaptation et la politique d’atténuation« .

Reprenons depuis le début. Vous trouverez bien souvent le Plan Climat Energie Territorial réduit à une appellation plus courte, le Plan Climat Territorial (PCT), car son objectif premier est de s’adapter au changement climatique. En effet, il ne subsiste plus aucun doute sur le fait que le climat est appelé à sérieusement évoluer au cours des prochaines années, il faut donc essayer de le contenir du mieux que nous pouvons et s’adapter aux inévitables changements que nous allons subir. Le climat donc, mais pour agir sur le climat, il faut nécessairement en passer par la question de l’énergie. En effet, si le climat change, c’est en grande partie à cause des gaz à effet de serre que nous rejetons en trop grande quantité dans l’atmosphère à cause de notre gourmandise en énergie. L’être humain consommant majoritairement des énergies polluantes et nocives pour l’atmosphère, la boucle climat-énergie est bouclée.

Les collectivités sont particulièrement concernées par le phénomène car elles contribuent directement à 10 à 15% des émissions nationales et indirectement à plus de 50% ! Leur marge d’action et de réduction des émissions de GES est donc assez remarquable, et ce d’autant plus qu’elles disposent d’un important pouvoir d’action local. L’évolution du contexte politique les pousse également fortement à agir dans ce sens : respect des engagements nationaux d’objectifs de réduction, devoir d’exemplarité de l’État en matière de développement durable, nouvelles réglementations (notamment le Plan Climat National, et plus encore l’article 7 du chapitre 2 du Grenelle de l’Environnement  qui précise que « le rôle des collectivités publiques dans la conception et la mise en œuvre des programmes d’aménagement durable doit être renforcé. A cet effet, l’État incitera les régions, les départements, les communes et leurs groupements de plus de 50 000 habitants à établir des plans climat énergie territoriaux avant 2012« ). Si vous rajoutez à cela les enjeux économiques et sociaux pour les collectivités, la pression devient carrément insoutenable !

Logiquement, dans un tel contexte, les PCET fleurissent à travers toute la France. Comme nous l’avons dit plus tôt, un PCET se divise en 2 parties.

Tout d’abord la politique d’atténuation : la lutte contre le changement climatique passe d’abord par une réduction des émissions de GES. Ce volet contient toute la partie « action » du PCET : faire son Bilan Carbone, réduire les consommations d’énergie, améliorer l’efficacité énergétique, remplacer les énergies fossiles par des énergies sans contenu en carbone, évalue rle risque économique du territoire, tenir compte de ce facteur dans l’élaboration des futures politiques (déchets, transport, …).

Ensuite, la politique d’adaptation consiste à réduire la vulnérabilité du territoire au changement climatique et à adapter les politiques sur le long terme en tenant compte du changement climatique afin d’éviter des coûts supplémentaires plus tard. Il s’agit en fait de présenter les impacts déjà observés sur le territoire, les conséquences sociales pressenties et les conditions d’une nécessaire adaptation. Il faut également recenser les politiques et actions déjà engagées pouvant avoir un effet sur le climat et se préparer à la gestion des risques naturels.

Sachez enfin qu’un PCET se décline généralement en 4 étapes, que je vous décris ici très brièvement mais qui feront l’objet d’un autre blogpost plus détaillé dans le courant du mois :

Étape 1 : la préfiguration. Il s’agit de bien cerner les enjeux pour le territoire, de permettre aux élus et aux agents de s’approprier le projet, éventuellement de réaliser un pré-diagnostic climat du territoire. Cette étape se conclut par la formation d’une équipe pour le projet et par la rédaction d’un cahier des charges afin de lancer l’appel d’offres pour la réalisation du PCET.

Étape 2 : dégagement des pistes d’action. Le prestataire sélectionné réalise le Profil Climat du territoire, puis propose des actions de sensibilisation et de formation à la population tout en soumettant immédiatement des actions afin de réduire rapidement les émissions de GES de la collectivité à l’équipe projet. Le reste des pistes d’actions doivent émerger de manière participative : il est très important de pousser la population à collaborer et à participer à l’élaboration de pistes d’action.

Étape 3 : construire le plan d’action. Des objectifs chiffrés et un calendrier sont fixés. Les actions sont minutieusement étudiées (potentiel de réduction, difficulté technique de mise en œuvre, coût, impact attendu, …).

Étape 4 : la mise en œuvre du plan d’action décidé précédemment.

Bref, le processus est long (entre 18 mois et 3 ans) et peu aisé mais les résultats sont réellement impressionants. Inutile de préciser que l’offre Secteur Public de Verteego est là pour vous aider à approfondir votre réflexion et à discuter avec vous du détail des PCET si le sujet vous intéresse.