Intelligence in Energy : un livre de bon sens

Le 29 mars 2017 se tenait le lancement du livre “Intelligence in Energy” écrit par Gülgün Kayakutlu et Eunika Mercier-Laurent, à la Tour Montparnasse à Paris. C’était l’occasion de présenter le contenu mais aussi de débattre sur les différentes notions introduites dans cet ouvrage. Ce livre est issu d’une rencontre entre les deux co-auteures, et de leur désir commun de partager leur vision de l’intelligence associée à la technologie, non pas comme intelligence artificielle mais bien comme intelligence humaine et son importance dans les processus de transition actuels.

L’ouvrage se divise en cinq parties qui ont vocation à couvrir tout le champ d’application de l’énergie, depuis le besoin en énergie pour les activités humaines jusqu’aux nouvelles technologies et sources de demain.

  • Chapitre 1 : Human and energy
  • Chapitre 2 : Technology for energy
  • Chapitre 3 : Intelligence for energy
  • Chapitre 4 : Greening and innovating with renewable energy
  • Chapitre 5 : Future of energy

L’ambition de ce livre est non seulement de retracer le parcours de l’évolution du domaine de l’énergie, mais aussi d’introduire la notion de « wisening ». C’est-à-dire la nécessité d’intégrer l’intelligence et la sagesse dans les processus actuels d’utilisation et de gestion de l’énergie, mais aussi de toute ressource utile à l’homme.

Cette nécessité part du constat que dans beaucoup de situations, les technologies et systèmes contraignent les usagers plus qu’ils ne leur simplifient la vie, et deviennent inadaptés car incontrôlables. Il vous est sûrement déjà arrivé d’assister à une conférence dans une salle surchauffée car le thermostat ne prend pas en compte la température extérieure, ou de passer d’une salle surchauffée à une autre où, au contraire, il fait trop froid. Alors même que tout le monde constate la situation, personne ne peut la résoudre car les systèmes ne peuvent être modifiés, et n’ont pas été pensés intelligemment.

On remarque donc une déconnexion entre l’intelligence humaine et l’usage de l’énergie qui est faite, lorsqu’on vous répond qu’il est impossible de régler le thermostat.

Cette réflexion, proposée par les auteures, s’accompagne de nombreux cas, des datacenters à l’industrie 4.0, en passant par les smart grids. Ces réflexions amènent par exemple à se poser des questions sur le marché de l’énergie qui n’est pas ou peu adapté à l’intégration des énergies renouvelables sur un territoire, engendrant de forts déséquilibres économiques.

C’est pourquoi la mise en œuvre de solutions d’intelligence artificielle est intéressante : contrairement au Big Data où l’on rassemble le plus de données possible dans une infrastructure dédiée, l’approche consiste d’abord à se poser des questions sur ce qu’on veut résoudre et sur comment on souhaite le résoudre, avant de chercher de quelles données on a besoin et quelle technologie utiliser.

En conclusion, les auteures insistent sur le fait qu’elles espèrent ne pas voir les jeunes générations remplacer l’intelligence et le bon sens par la technologie à tout prix, en oubliant l’impact négatif ou l’absence d’impact positif sur les populations.