Ingénierie écologique au service du climat : mythe ou réalité ?

comite21Le 17 octobre 2014, j’ai assisté à une conférence du Comité 21 sur le thème de l’« Ingénierie écologique au service du climat : mythe ou réalité ? » à l’ESCP Europe. Cette conférence opposait la géo-ingénierie (connaissance des phénomènes naturels, qui permet d’en modifier le cours à notre profit), et l’ingénierie écologique, qui se définit comme un ensemble de connaissance et d’actions scientifiques par et pour le vivant.

Durant la conférence, Françoise Gaill et Thierry Dutoit, conseillers scientifiques à l’Institut Ecologie et Environnement du CNRS, respectivement en géo-ingénierie et en ingénierie écologique, nous ont exposé différentes techniques étudiées aujourd’hui pour tenter de limiter le réchauffement climatique et ses conséquences.

De nombreuses solutions tout droit sorties de l’imagination débordante des chercheurs ont été proposées en géo-ingénierie. Par exemple, l’Université d’Arizona propose de créer une sorte d’écran anti-soleil, en envoyant des millions de petits parasols à 1,5 millions de km de la Terre. D’autres chercheurs proposent de recréer artificiellement les conséquences d’immenses éruptions volcaniques, en envoyant de grandes quantités de soufre dans l’atmosphère pour refroidir la Terre. Certains proposent même de capter le CO2 chimiquement, en épaississant la banquise par exemple. Mais toutes ces solutions, certes très créatives et impressionnantes, ne fonctionneraient pas à l’échelle de la planète. Certaines seraient même dangereuses : les aérosols soufrés par exemple, sont mauvais pour la santé.

A l’inverse, l’ingénierie écologique perd cet aspect de savant fou, et cherche des solutions à des échelles réduites. On peut citer trois grands axes de recherche en ingénierie écologique : la réhabilitation ou la restauration d’écosystèmes ressentis comme dégradés, la création de nouveaux écosystèmes durables qui ont une valeur pour l’homme et la biosphère, et la mise au point d’outils biologiques pou résoudre des problèmes de pollution (bioremédiation). Certaines plantes sont par exemple capables de capter des métaux lourds et de détoxifier des terrains, voire même de produire spontanément des molécules très délicates à obtenir en industrie. Une autre solution très surprenante fut de réintroduire une centaine de fourmis reines dans une zone où la biodiversité avait été détériorée, pour recréer en cinq ans ce que la nature a mis environ 6000 ans à produire.

fourmiMa conclusion ? La géo-ingénierie est une science formidable mais qui a tendance à négliger la biologie et donc la réalité des écosystèmes. A l’heure du réchauffement climatique, on a l’obligation de trouver des solutions viables et durables ; et quand on se soucie du climat, avoir en tête les réalités biologiques qu’il y a derrière chaque acte est absolument nécessaire. Le vivant est plein de ressources, et les solutions à nos problèmes ont probablement déjà été trouvées par Mère Nature. Simplement, nous les Hommes ne les avons pas forcément toutes découvertes.