Petit Déjeuner « Green IT » Orange Business Services chez Verteego

Premier petit dej label Orange b2b chez Verteego. A la decouv... on TwitpicLe 25 mai 2010 avait lieu le premier petit déjeuner organisé par le club B2B Orange Business Services. Verteego a eu l’honneur d’accueillir cette première manifestation de partage et networking. Cette rencontre avait pour thème le Green IT et se décomposait en 3 présentations aussi complémentaires qu’exhaustives de Stéphane Parpinelli (CleanTech Republic), Jeremy Fain (Verteego) et Jean-Manuel Canet (OBS), après bien sûr une présentation du label BtoB par Yann Gourvennec (en photo ci-contre, crédit photo Hervé Kabla) et Denis Failly d’Orange Business Services – autour d’une quinzaine de participants dont des noms bien connus du web, parmi eux notamment Richard Menneveux, Hervé Kabla.

Stéphane Parpinelli, cofondateur et rédacteur en chef du blog français majeur sur les éco-innovations, Cleantech Republic, a évoqué les 3 grandes tendances énergétiques et environnementales dans lesquelles s’immiscent les technologies de l’information et de l’intelligence. Jérémy Fain, Président de Verteego, a présenté les 10 commandements du management Gaz à Effet de Serre tandis que Jean Manuel Canet, concluait en tant que Senior Manager Green IT Consulting pour Orange Business Services sur les besoins et sentiments actuels qui prédominent chez les DSI dans les grands comptes.

Dans le secteur en plein boom des éco innovations, Stéphane Parpinelli retient 3 segments majeurs dans lesquels les technologies de l’information représentent une dimension considérable: les réseaux intelligents (électricité, gaz, eau), l’éco mobilité et la conformité aux problématiques RSE.

Dans un réseau intelligent qui tend vers une information parfaite des consommations et productions énergétiques en chacun de ses points, les technologies de l’information jouent un rôle essentiel et cela tout au long de la chaîne de valeur: des appareils au compteur, du compteur aux bornes relais, des bornes relais au réseau central se jouent d’ailleurs une lutte sans merci entre les différents standards de communication: communication sans fil Zigbee, Courant Porteur en Ligne, réseaux 3G… Après la standardisation des web services il y a quelques années et l’émergence de l’architecture SOA, c’est autour des données de flux (énergie, gaz, eau…) de voir leur enveloppe standardisée. La bataille des standards et des acteurs fait rage, aussi bien au niveau des acteurs existants: IBM, Cisco, Microsoft, Google que des startups entrantes. En la matière, on citera notamment Silver Spring Network et GridPoint qui se démarquent par leur récente et très élevée levée de fonds (centaines de millions de dollars).

Avec l’éco mobilité et l’arrivée massive imminente de véhicules électriques sur le marché (fin 2010), l’apport de l’intelligence est également nécessaire et à de nombreux niveaux. Les problématiques se concentrent en particulier sur la communication batterie du véhicule – borne de recharge. Better Place est la société américaine incontournable dans ce domaine avec ses stations d’échange de batteries (la première en France sera construite très bientôt dans les Yvelines en partenariat avec EDF et Renault-Nissan). Il est assez anecdotique de s’apercevoir que l’électrification des modes de transport est plus un retour qu’une nouveauté. En effet, au début du XXe siècle, 3/4 des véhicules français étaient alimentés par l’électricité. Il s’agissait des fiacres électriques qui ont été purement et simplement balayés par la suite par les promesses de la célèbre Ford T. Dans les transports en commun, un regain d’innovations récent vise à fluidifier et faciliter la multi-modalité et la pluri-modalité pour les utilisateurs grâce à de l’information temps réel mais également une tarification simple, adaptée et intelligente. On notera les initiatives de villes comme Marseille qui propose un titre de transport unique quelque soit le mode utilisé (train, tramway, bus…etc). Bordeaux voudrait étendre cette tarification unique pour englober le velib local. Enfin, Montpellier propose des clés usb à ses utilisateurs pour recharger très simplement leurs abonnements depuis chez eux.

Enfin, dans la gestion des problématiques RSE, les technologies de l’information s’avèrent indispensables pour collecter, convertir et consolider les données variées et éparses à prendre en compte. Verteego édite notamment une application SaaS de management des émissions de gaz à effet de serre qui aide ses clients à mesurer et réduire efficacement leur impact. En France, avec le récent Grenelle 2 qui contraint les entreprises de plus de 500 salariés à réaliser leur bilan carbone et les 1200 consultants accrédités pour, on a atteint une certaine maturité qui pour autant pêche quelque peu dans le passage à l’action des décideurs (administrations, grandes entreprises, PMEs…).

Jérémy Fain s’attardait sur les 10 commandements ou 10 bonnes pratiques à mettre en oeuvre en matière de Management Gaz à Effet de Serre. Comme les vrais 10 commandements, je n’en ai malheureusement retenu que quelques uns, en l’occurrence trois, forcément les plus frappants.

  • les ventes de ton entreprise tu augmenteras

C’est le joug de la soft law. La dimension gaz à effet de serre devient un critère de plus en plus incontournable d’attribution des marchés. Les appels d’offre incluent la dimension environnementale et les mauvais élèves sont très vite hors jeu. A contrario, les entreprises sincèrement impliquées et disposant des outils et systèmes adéquats prennent des parts de marché à leurs concurrents

  • les coûts de ton entreprise tu diminueras

Un court exemple vaut mieux qu’un long discours: 400 000$. C’est le montant d’économies identifié par un client de Verteego, Axtel, numéro 2 mexicain des télécommunications.

  • l’objectif ultime tu n’oublieras pas: la réduction d’émissions

Interrogé sur la polémique actuelle autour du réchauffement climatique, Jérémy s’est simplement appuyé sur les bénéfices économiques immédiats que l’adoption de bonnes pratiques (mesurer de son impact, essayer de le réduire) pour justifier la nécessité de développer des stratégies de réduction carbone dans les entreprises. Le consensus des experts du GIEC, la problématique d’épuisement des ressources, l’anticipation des risques sont aussi des éléments décisionnels importants dans la mise en place de solutions.

Il est à noter que le SYNTEC INFORMATIQUE publiera prochainement un ouvrage sur le management des gaz à effet de serre.

Enfin, Jean-Manuel Canet présentait pour Orange Business Services le point de vue des DSI et grands comptes sur la prise en compte des problématiques Green IT.

Il a souligné l’hétérogénéité des implications (à côté de fortes expertises internes comme celle développée par Danone, d’autres déclarent encore avoir simplement recours aux tableurs Excel) mais une volonté qui allait dans le bon sens. Le carbon management est en particulier une priorité grandissante chez les DSI qui examinent comment s’outiller pour systématiser leur évaluation. Les autres dossiers à l’étude concernent notamment la réduction de la consommation énergétique des parcs informatiques (le coût de l’énergie se rapprochant dangereusement du coût de matériel) ou la réduction des déplacements avec les solutions de téléconferencing ou la mise en place d’un télétravail. Ce dernier est notamment un sujet sensible et on lui préfèrera l’expression de « travail flexible ». Avec la grippe H1N1, la réalisation de « plans de continuité du travail », les DSI veulent aller plus loin mais se heurtent malheureusement à des réticences françaises encore très fortes, au niveau des organisations syndicales comme des département des ressources humaines. Elle est pourtant promesse de plus de confort pour l’employé et synonyme de forte réductions des coûts pour l’entreprise.

En conclusion, le green IT est une thématique sur laquelle les DSI se positionnent de manière grandissante: l’étude de solutions applicatives et l’implication des fournisseurs dans la démarche a d’ores et déjà commencé pour les acteurs les plus innovants. La bonne nouvelle, c’est que les meilleurs DSI passent du Green IT 1.0 (économies d’énergie des centres de données et du parc informatique) au Green IT 2.0, c’est-à-dire examinent les solutions permettant à l’IT de réduire les émissions de GES de toute l’entreprise et même de ses parties prenantes.