Grand Paris Circulaire : stratégie et nécessité de l’économie circulaire

Grande Messe de l’économie circulaire pour le Grand Paris, l’événement Grand Paris Circulaire a réuni au Palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux, ce jeudi 5 octobre 2017, de nombreux organismes, chercheurs, entreprises, politiques et associations autour des enjeux de l’économie circulaire.

Une matinée présentant les grands enjeux stratégiques

La journée commençait avec les introductions de André Santini, Maire d’Issy-les-Moulineaux et Vice-Président de la Métropole du Grand Paris, de Patrick Ollier, Président de la Métropole du Grand Paris, et Anne Hidalgo, Maire de Paris, soulignant une volonté d’instaurer une dynamique à l’échelle métropolitaine, en interaction avec d’autres villes et métropoles européennes et mondiales. Anticiper la croissance démographique des zones denses, réduire les émissions de GES, promouvoir l’inclusion sociale : l’économie circulaire est largement défendue comme un modèle de responsabilisation des acteurs et de recherche des nouvelles pratiques qui répondront aux grands enjeux du XXIe siècle.

La matinée était consacrée aux témoignages internationaux, avec les interventions du Maire de Séville, Juan Espadas, du Commissaire à l’écologie de Barcelone, Frederic Ximeno, de la Directrice de l’Observatoire, des études et de la planification du Maroc, Rajae Chafil, du Directeur Exécutif de l’institut EDDEC de Montréal, Daniel Normandin, du membre du Comité économique et social européen Cilian Lohan, et de la Chine grâce à Julie Metta, Doctorante à l’Université de Hong Kong.

Malgré les différences culturelles, économiques, politiques entre les différents pays, l’économie circulaire est un élément clef de la stratégie d’un monde plus durable, à condition que la sensibilisation des tous les acteurs, à commencer par les citoyens soit assurée, ainsi que celle des élus. Comme évoqué par Xavier Lemoine, Maire de Montfermeil et conseiller métropolitain délégué à l’économie circulaire, une meilleure gouvernance permettra de changer les comportements à condition de trouver les bonnes échelles d’action. Les échelles de la Métropole et des territoires sont importantes, toutefois l’échelle communale est cruciale pour opérer un changement dans les comportements car les Maires sont les seuls hommes politiques réellement considérés par les citoyens en France. Les grandes orientations devraient donc être relayées à cette échelle et à ces tiers de confiance de la Métropole du Grand Paris.

Cette première table ronde a montré que chaque pays peut trouver dans sa culture ou ses pratiques des avantages pour mettre en place des projets d’économie circulaire : par exemple la Chine, qui a compris que l’économie circulaire permettrait de pallier drastiquement aux problèmes de pollution du pays (réduction de la consommation des ressources via des taxations, normes, arrêt des importations de déchets, etc.). Autre exemple, le Maroc, qui a, à l’image du marché de Casablanca, déjà « l’instinct » du réemploi, du recyclage des matériaux et qui aujourd’hui travaille à l’organisation de ces pratiques courantes (centres de tri, filières de recyclage, etc.). En revanche, l’inclusion sociale dite cruciale au Maroc pour créer des emplois, former des jeunes et les intégrer dans des projets, est quasi absente dans la stratégie chinoise, qui ne prend pas en compte la nécessité d’éduquer les nouvelles générations à l’économie circulaire.

S’en est suivi la présentation du plan de la Ville de Paris pour l’économie circulaire, voté en juin dernier, avec une première feuille de route et une seconde d’ici fin 2018. Ce plan donne suite au livre blanc des 65 propositions des acteurs, capitalisant sur 3 ans de travail sur le sujet et des projets en cours avec FRIVEP, filière de recyclage de vêtements professionnels (Orée), les magasins et ateliers du réemploi de la DCPA, ou encore la convention de partenariat avec la RATP pour la collecte mutualisée des déchets d’entreprise du quartier de la Gare de Lyon.

Enfin, pour clôturer la matinée, l’intervention de Dominique Bourg, philosophe et professeur à l’Université de Lausanne, nous a fait connaître la notion de permacircularité, déclinant différents niveaux de circularité, ainsi que les techniques et illusions actuelles, tout en remettant dans son contexte les échanges du jour : l’objectif reste bien de réduire les consommations de ressources planétaires pour ne plus vivre à crédit, et de renverser le changement climatique qui pèse comme une menace grandissante, qui se fait de plus en plus sentir et dont on oublie facilement les conséquences à venir.

Une après-midi ancrée dans la réalité des pratiques des entreprises et des territoires

L’après-midi de cet événement, dédié tout d’abord aux problématiques des déchets du BTP, puis aux différentes startups, associations et organisations (comme la Recyclerie Sportive, SEB, Valdelia, le REFER, Spareka, HOP et la Ressourcerie du Spectacle qui étaient présents) qui œuvrent au quotidien dans cette démarche d’économie circulaire.

 

A cette occasion, Verteego faisait partie du Village des Exposants au Palais des Congrès, pour présenter des solutions bien réelles, notamment l’application DiGest_BTP dédiée à la gestion des déchets de chantiers en vue d’une amélioration de leur valorisation.

 

En conclusion, Grand Paris Circulaire était l’occasion de montrer que l’économie circulaire a un réel avenir, que c’est une démarche soutenue par les politiques locales et mondiales qui peut répondre aux grands enjeux du siècle, à condition toutefois que les freins réglementaires, sociaux, économiques soient levés, et qu’il y ait une mobilisation de tous les acteurs pour que ça fonctionne.

La question est : serons-nous capables de libérer l’économie suffisamment vite pour que les initiatives encore éparses se démultiplient et contrebalancent les conséquences du changement climatique et de la déroute de nos sociétés ?