Conférence France Urbaine : la ville que nous voulons

img_0372 ** Nos notes des interventions des politiques sur les enjeux de la ville de demain **

La 16ème conférence des villes, sous l’égide de l’association France Urbaine et avec le thème  « 2017/2020, la ville que nous voulons » a pris place sous les voutes du grand salon de l’Hôtel de Ville de Paris, le 22 septembre 2016. En plein processus de réorganisation territoriale au large et à travers de la France, l’objectif était de réaffirmer le fait urbain pour le faire progresser.

En ouverture, le Ministre de l’Aménagement du territoire et des collectivités, Jean Michel Baylet, a rappelé le rôle de l’Etat et des collectivités territoriales, les passerelles d’interactions, les mécanismes de soutien, la place des acteurs, en soulignant que l’intercommunalité est le premier socle de la solidarité territoriale et que l’intercommunalité détient les clefs pour maîtriser le développement urbain. Place donc aux villes et aux collectivités territoriales dans le débat !

img_0381Dans une allocution claire et précise, la Maire de Paris Anne Hidalgo a présenté les trois défis auxquels sont confrontés les villes : le climat avec la transition énergétique et écologique, le numérique en incluant la ville intelligente, et la crise migratoire, à laquelle font face en premier lieu les villes, mais dont la responsabilité revient à l’Etat. Paris a pris la décision d’agir, notamment avec l’ouverture d’un centre d’accueil temporaire. Il ne faut pas oublier que l’attractivité internationale de Paris repose sur sa qualité de vie quotidienne, et que pour la préserver il faut agir sur le long terme et sur les trois défis précités, sans en négliger aucun.

img_0387Pour Johanna Roland, Maire de Nantes et Présidente de Nantes Métropole, il est temps de passer d’une logique d’outils a une de projets partagés. Johanna Roland a exprimé sa vision, régie par la question du destin commun qui nous dépasse et déclinée dans la cohésion nationale et territoriale, et dont l’expression concrète commencerait par la ville des courtes distances. Ainsi, les enjeux de demain incluent aussi le numérique et la transition énergétique-écologique, complétée par un projet d’alimentation locale, suivant une triple logique de réciprocité, de complémentarité et de cohésion territoriale.

Ces propos étaient en phase avec ceux de Vanik Berberian, Président de l’Association des Maires Ruraux de France, qui a tenu à souligner le ras-le-bol des ruraux d’être confinés au rôle de « producteurs de chlorophylle et d’espaces de loisirs pour les citadins ». Dans la mesure où la métropolisation implique la consolidation des villes et de leurs espaces ruraux, on peut espérer que la reconsidération et la revalorisation de la place, concrète et symbolique, des ruraux soit en marche.

Pour Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse, Président de la Métropole de Toulouse, et aussi de France Urbaine, l’importance du fait urbain était renforcée par la présence du Premier Ministre Manuel Valls (en photo ci-contre). Jean-Luc Moudenc a signalé que les projets des métropoles sont essentiels pour l’avenir du pays mais qu’il ne faut pas négliger le fait que les villes sont confrontées à des fragilités diverses et variées au quotidien, et que les coupures budgétaires ne font que rendre leur capacité d’action plus restreinte. C’est ainsi, qu’on recevant Manuel Valls, Jean-Luc Moudenc a rappelé que la vocation de France Urbaine était de faire entendre la voix des territoires, aujourd’hui pour travailler avec le gouvernement, mais aussi en prévision des élections présidentielles proches.

img_0391En guise de réponse, le Premier Ministre Manuel Valls a rappelé que la réforme territoriale prolongeait la « révolution tranquille », la décentralisation commencée en 1980, pour instaurer un nouveau dialogue entre l’Etat et les élus locaux, et dont le pacte Etat-métropoles avec ses pactes d’innovation est un bon exemple. Le Premier Ministre a ensuite dressé un portrait de la ville de demain pour inviter les élus à la bâtir : une ville innovante, durable et plus solidaire. Ce qu’inclut la lutte contre la pauvreté jusqu’à « prendre sa part » en temps de crise, notamment dans l’accueil des migrants, puisqu’on est « loin d’être submergés par les migrants » (80.000 à 100.000 de demandes d’asile en France contre 1.5.000.000 en Allemagne).

Quant à lui, André Rossinot, Maire de Nancy et Président de la métropole éponyme, a insisté sur la nécessité d’imprimer une accélération aux projets numériques puisque celui-ci est un facteur d’égalité. André Rossinot a mentionné le colloque « Humanisme numérique » organisé à Nancy et qui a mis en exergue que nous ne sommes qu’au début d’un processus dont les étendues sont inconnues et incommensurables.

 

** L’avis d20160930-france-urbaine-pack-photos-2-sur-2e Verteego sur les contenus de cette conférence **

Il n’y a pas de doute sur le fait que, dans les collectivités territoriales, la révolution numérique est en marche. Nous en voulons pour preuve que la sacoche distribuée aux participants incluait le manuel de la dématérialisation (« Vive la dématérialisation ! Comment réussir un projet de dématérialisation budgétaire et comptable dans une collectivité locale ») édité par le ministère de la fonction publique à destination des collectivités locales. Mais à l’aune de ce débat, il devient nécessaire de comprendre quels sont les enjeux de cette révolution face aux enjeux de la transition énergétique et écologique.

Qu’est ce que le numérique peut apporter sans rester seulement un élément de la transformation initiée avec Internet et aujourd’hui focalisée sur les exploits des géants du net et la profusion d’outils et d’Apps ? Ses acteurs sont parfois comme des chercheurs d’or dont les belles histoires jalonnent les récits médiatiques sur les start-ups qui ont « réussi ».

« Un enjeu à part entière », pour reprendre les propos d’Anne Hidalgo, au cœur d’une révolution dont on a du mal à apprécier l’ampleur. Les acteurs du numérique doivent franchir le pas pour devenir des acteurs du changement.

C’est dans l’engagement qu’on aura une chance de faire la différence. Pour passer d’une logique individualiste à une logique écosystémique où les acteurs forment un collectif solidaire dans leur intérêt bien compris : celui d’élargir leurs champs d’actions pour résoudre de manière holistique et systémique les trois défis du numérique, du climat et des migrations.