Le logiciel grand absent de l’étude « Filières vertes » du gouvernement

Franchement très intéressante cette étude gouvernementale sur les filières industrielles stratégiques de la croissance verte! La France essaie de se positionner sur les marchés et technologies du futur, et c’est une excellente chose, pour une fois, que d’anticiper.

Quand bien même le rapport sur les « filières vertes » annonce haut et fort qu’il ne prétend pas à l’exhaustivité, il semblerait que le logiciel de management environnemental en soit le grand absent. Dommage car nos pays amis étatsuniens, australiens, anglais, allemands, néerlandais, autrichiens, et brésiliens n’ont attendu aucun rapport pour favoriser, au plus haut niveau politique (ex. le Président américain et le gouverneur de Californie, rien que ça, se font conseiller à juste titre et respectivement par les CEO de 2 startups américaines de logiciels environnementaux), l’émergence d’au moins un éditeur de logiciels de gestion environnementale de taille critique au niveau mondial. 

Pourtant, le rapport mentionne bien (en page 111, dans la filière #16 « Smartgrids électriques intelligents », qualification un peu réductrice à côté de catégories telles que la métrologie – l’instrumentation et optimisation de procédés industriels, cherchez l’erreur) la faiblesse française en matière d’édition de logiciels..et de services informatiques. Ce dernier amalgame est poignant: l’édition de logiciels est une activité industrielle par essence, c’est-à-dire nécessitant des investissements considérables pour mettre sur le marché des solutions packagées et modulaires; au contraire des services informatiques qui sont une activité de..services – pas plus noble ou moins noble, mais fondamentalement différents, aussi différents que peuvent l’être la production de panneaux photovoltaïques et le conseil en efficacité énergétique.

Le logiciel est une industrie. Le logiciel vert une filière verte stratégique potentielle où la France, pays du Grenelle de l’Environnement et connu comme tel, aurait tout intérêt à se positionner très rapidement au risque une fois de plus de se laisser doubler par les pays Anglo-Saxons. Le logiciel est synonyme de balance commerciale positive (la R&D est souvent enracinée, au contraire des sociétés de services informatiques plus enclines à localiser la prestation proche de ses clients), d’intensité capitalistique, d’emplois hautement qualifiés, et de capacité de la France à exporter voire imposer ses méthodologies, celles que propose l’ADEME par exemple, au-delà des frontières de l’hexagone.

Alors, après les serious games et le web 2.0, à quand un appel à projets  sur le Green Software, comme le préconise l’AFDEL (association française des éditeurs de logiciels)?