Pour ou contre externaliser sa comptabilité carbone?

Appliquons un vieux débat, celui de créer un poste en interne ou de faire appel à un prestataire spécialisé, à un nouvel enjeu, crucial pour la compétitivité des entreprises: la comptabilité carbone. C’est-à-dire la tenue de bilans carbone annuels, d’arrêtés de comptes carbone par exemple trimestriels, de comptes d’exploitation carbone, et de tableau des flux carbone. En attendant la fameuse taxe carbone.

Alors, faut-il internaliser la compétence ou externaliser sa comptabilité carbone? Des arguments prêchent pour les 2 paroisses. Examinons rapidement tout cela.

Arguments les plus entendus en faveur d’une externalisation de la comptabilité carbone de l’entreprise:

  • « la comptabilité carbone n’apparaît pas encore comme une obligation; en conséquence, la comptabilité carbone ne relève pas de l’ordre réglementaire et notre société peut se permettre de confier à un autre un risque mineur »
  • « la comptabilité carbone, c’est comme le conseil en organisation: c’est forcément un peu politique de faire dire que telle ou telle business unit pollue plus qu’une autre; donc autant faire faire cela par des intervenants extérieurs »
  • « la comptabilité carbone, c’est un métier à part entière et certainement pas celui de mon entreprise. Donc autant faire appel à un conseil externe »
  • « la comptabilité carbone, c’est juste pour dire que je la fais car je n’en fais rien et ça ne sert à rien. D’ailleurs, si mon concurrent ne s’y était pas mis, je n’aurais jamais eu l’idée de faire moi-même un bilan carbone »

Arguments les plus entendus en faveur d’une internalisation de la fonction de comptabilité carbone:

  • « la comptabilité carbone, ça me sert à augmenter la sobriété de mes processus, à rationaliser mes activités, et in fine à diminuer l’impact environnemental de mes produits et projets. C’est donc stratégique et je me dois de faire monter en compétences une équipe sur le sujet »
  • « la comptabilité carbone, ça se passe dans les sociétés comme pour la comptabilité financière: c’est-à-dire que passé le cap des 100 salariés, mieux vaut l’internaliser et passer de l’expert-comptable externe au chef comptable ou au DAF en interne »
  • « la comptabilité carbone en dit beaucoup trop sur mes procédés et mes méthodes pour la confier à un prestataire externe: en conséquence, je protège mon savoir-faire en faisant l’acquisition des compétences en interne »
  • « la comptabilité carbone, autant l’internaliser car ça ne va pas me coûter plus cher une fois l’investissement dans un système de comptabilité carbone réalisé, car je vais la faire passer en temps masqué de mes équipes actuelles en nommant un chef de projet moteur sur le sujet du carbone »

Notre avis chez Verteego Carbon

Comme souvent, selon nous, il n’y a pas une seule bonne réponse; et quand bien même elle existerait, la vérité est à chercher dans l’équilibre, la modération entre les deux points de vue, en fonction des besoins de l’entreprise cliente. On retrouve certaines tendances cependant: effectivement, pour une PME, il n’y aura dans 90% des cas pas de nécessité de monter une équipe de compta carbone. De même, pour un grand groupe, il est difficile d’établir une quelconque règle au-delà du constat qu’internalisation et externalisation ne sont pas incompatibles! la naissance de départements achats ou finance n’a par exemple jamais empêché de faire appel à de l’expertise extérieure pour s’assurer de l’excellence des pratiques mises en oeuvre. Et l’on peut tout à fait imaginer que si la collecte de données peut facilement s’internaliser, notamment via le développement d’un connecteur entre le système d’informations et le logiciel de comptabilité carbone, son audit – évidemment – et son analyse (étude des risques liés à la dépendance aux énergies fossiles, plan d’actions,…) puisse faire l’objet d’un avis extérieur en sus des observations internes d’équipes souvent la tête dans le guidon pour en faire un usage à tête reposée.

Si l’on devait tout de même se positionner, je dirais que chez Verteego Carbon, on préconise généralement une montée en charge progressive sur la fonction de comptabilité carbone. Je m’explique: la première année, le partenaire accompagne véritablement son client, en lui partageant son expérience et ses « trucs et astuces ». Il l’aide aussi à prendre en main les outils de collecte, consolidation, et traitement des données de comptabilité carbone. L’objectif n’est pas tant le résultat que la capacité à transmettre aux équipes du client une grille de lecture d’un périmètre, une dialectique de la sensibilisation aux enjeux, une méthodologie de définition d’actions de réduction pour le bilan carbone de l’organisation ou le poids carbone de ses produits ou services,…En année 2, le partenaire s’effacera légèrement pour n’apparaître qu’en support-expert uniquement auprès des équipes référentes du client ponctué de 2 réunions de travail dans l’année « pour faire un point » seront suffisantes, au-delà des tickets de support téléphoniques ou électroniques pour les responsables carbone. En années 3 et 4, le partenaire sera là pour affiner, peaufiner les connaissances et les outils du client, car la comptabilité carbone est une science (humaine – car il s’agit essentiellement d’une construction sociale) qui évolue à toute vitesse pour laquelle les entreprises ont besoin de veille active. Et dès la cinquième année, le client pourra définitivement voler de ses propres ailes – en continuant à bénéficier des mises à jour méthodologiques et fonctionnelles du système de comptabilité carbone afin de rester au niveau de l’état de l’Art en matière de comptabilité carbone.

En définitive, notre vision de l’évolution de la comptabilité carbone s’apparente largement à l’historique du déploiement de la comptabilité financière dans l’entreprise: les organisations vont tour à tour définir leur gouvernance (objectifs de réduction vis-à-vis de la stratégie de l’entreprise; politiques d’incitation, transparence et communication; organisation de l’exécution; développement en propre ou équipement en systèmes d’information auprès d’éditeurs de logiciels tiers) en matière de comptabilité carbone, former des équipes, tout en faisant appel à une expertise externe de manière ponctuelle (ex. l’auditeur qui vient une fois par an certifier les comptes; le conseil en optimisation de la dette) ou récurrente (l’expert-comptable conseil du chef comptable et du DG; le fiscaliste; l’équipe de consultants en stratégie Corporate en mission longue).

Au-delà de la volonté de faire et de l’effort de mise en place, c’est l’exploitation des résultats et la persévérance dans une stratégie qui feront la différence. Car toutes les méthodes sont bonnes pourvu qu’on les applique de A à Z, et ceci s’applique que l’on choisisse d’internaliser ou bien d’externaliser sa comptabilité carbone. Ou les deux…

Dans tous les cas, si nous pouvons contribuer à éclaircir votre réflexion au sujet de l’externalisation ou non de votre comptabilité carbone, nous sommes là chez Verteego Carbon pour vous accompagner et bien entendu ouverts à la discussion.