Cop ou pas Cop ? Les défis de la COP21 pour les managers de demain

« Cop ou pas Cop ? » interrogeait l’ESCP ce mardi 03 novembre lors d’une table ronde qui rassemblait Chantal Jouanno (Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie sous Nicolas Sarkozy, Sénatrice et Présidente d’Ecolo-Ethik, Think Thank sur l’innovation écologique), Nicolas Jachiet (PDG d’Egis), Gilles Berhault (Président du Comité 21) et Olivier Delbard (Professeur à l’ESCP).

Pour introduire la table ronde, David Levaï, responsable des négociations internationales sur le climat au Ministère des Affaires Etrangères, a synthétisé les enjeux de la COP21. Les points clés sont :
– les soutiens financiers, pour que les pays en développement ne soient pas freinés dans la lutte contre le réchauffement climatique
– l’importance des contributions, qui sont déjà plus 155 sur un total de 196 pays
– l’Agenda des solutions, plan d’action de la mobilisation d’acteurs non-étatiques
D’après David Levaï, le nouveau paradigme que la COP21 devrait marquer est le sentiment partagé que l’avenir sera décarboné ou ne sera pas.

En quoi la COP21 sera-t-elle différente de la COP de Copenhague ?
Gilles Berhault : Avant Copenhague, il y avait l’attente d’un accord global, alors que poru Paris nous attendons un accord d’addition (la somme des engagements de chaque pays participant), ce qui entraîne une responsabilisation des acteurs étatiques. Une bascule va se faire à Paris.

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Le système institutionnel est-il à la hauteur de la tâche ou s’agit-il plutôt du ressort des entreprises d’assurer l’objectif ambitieux de limiter le réchauffement climatique à 2°C ?
Chantal Jouanno : L’Etat n’est pas du tout une structure adaptée pour répondre à la problématique parce qu’elle fonctionne sur un laps de temps très court (5-10 ans). Pour revenir à la COP de Copenhague, il faut dire que, si les COP ont jusqu’à présent été des échecs successifs, celui de Copenhague a eu la vertu de déclencher une réelle prise de conscience qui a pu engendrer des perspectives plus ambitieuses pour Paris.
Chantal Jouanno, plutôt que d’en appeler à l’Etat ou aux entreprises, estime que ce sont les citoyens qui peuvent avoir un réel impact en réfléchissant à leur mode de consommation. Ce n’est cependant pas un discours facile à tenir; elle ajoute d’ailleurs : « Si je vous demande de changer de mode de consommation, je ne vous vends pas du rêve », « vous ne voterez pas pour moi ! ». Elle est elle-même végétarienne.

Olivier Delbard a évoqué l’importance de la sensibilisation à travers l’éducation (il s’apprête à lancer un MOOC en partenariat avec Chantal Jouanno) tandis que Nicolas Jachiet a souligné la nécessité de l’engagement des entreprises en matière de RSE et développement durable, Egis en étant un bon exemple.