Le Directeur du Développement Durable enfin rattaché au DG!

Le Directeur du Développement Durable (ou RSE) enfin au comité de direction de manière systématique!

Jadis une fonction considérée comme un placard doré par les cyniques, les sceptiques et les jaloux, nous constatons chaque jour chez Verteego que les Directeurs du Développement Durable sont de plus en plus fréquemment rattachés directement à la Direction Générale, et qu’ils participent activement au Comité de Direction. Et c’est une excellente nouvelle pour l’optimisation de la diffusion des valeurs de responsabilité sociétale dans les entreprises, à plusieurs titres:

  1. le rattachement d’antan à la Direction de la Communication Institutionnelle a vécu; ce rattachement hiérarchique n’était pas en soi une tare (la Com’ bénéficie de budgets importants et est fortement reliée à la stratégie de l’entreprise) mais présentait des risques opérationnels certains, notamment de faire des annonces avant l’application des projets, ou encore pouvait réduire le développement durable à des partenariats associatifs et de la compensation carbone;
  2. le directeur du Développement Durable, membre permanent du Comité de Direction, n’est plus ce margoulin que l’on faisait intervenir quand il restait 5 minutes, à la fin des réunions d’executives, et encore moins cette machine à produire des rapports (reporting dorénavant confié à des…machines ou logiciels de reporting RSE): c’est dorénavant un décideur transversal, qui officie comme super-consultant interne, et surtout comme allié précieux d’un grand nombre d’interlocuteurs-clés: DSI (outillage en systèmes de gouvernance carbone, outillage Green IT,…), Directeurs Marketing (nouvelles offres, recherche de nouveaux marchés, différenciation), Communication (PR, branding), Directeurs Commerciaux (bilan carbone prévisionnel des projets) Secrétaires Généraux, Directeurs des Risques, Directeurs Juridiques (conformité réglementaire, bilan social), Directeurs des Achats (choix des fournisseurs), Directeurs Financiers (questionnaires d’agences de notation, loi NRE, réduction des coûts) et Directeurs des Services Généraux (optimisation des infrastructures) pour ne citer qu’eux, dans leurs choix stratégiques.
  3. enfin, les fonctions HQSE (Hygiène – Qualité – Sécurité ou Santé – Environnement) et Développement Durable ne se cannibalisent plus: elles coopèrent, elles se complètent, elles fusionnent même, parfois. HQSE étant souvent l’apanage des sites industriels alors que le « DD » relève plutôt du ‘corporate‘.

Quelles évolutions pour la fonction de Directeur du Développement Durable? (qui est souvent Directrice d’ailleurs, et encore une fois, c’est tant mieux!) difficile à dire, mais les grandes tendances sont là:

  • les entreprises ont complètement intégré la dimension systémique du développement durable: que prendre des mesures, mettre en place des actions est inutile sans une gouvernance robuste et des outils de mesure adéquats de leur efficacité; en conséquence, la fonction Développement Durable va disposer de budgets de plus en plus significatifs et enfin dédiés (il fallait jadis aller les chercher à la Com’, aux divisions, à la DSI,…);
  • le Développement Durable rentre lentement mais sûrement dans la technique et dans certains cas a déjà des impacts significatifs sur 2 fonctions que nous n’avons que très peu mentionné jusqu’ici, mais qui sont la clé d’une transformation en profondeur de l’offre et des produits: l’engineering et la supply chain. Ce sont deux leviers prépondérants de réduction de l’empreinte environnementale des entreprises;
  • le Sommet de Copenhague fera pendant un certain temps des directions du Développement Durable des directions du Réchauffement Climatique: les DG auront, grâce au travail de la Presse comme les DAF l’ont été cet été avec la taxe carbone, enfin tous les termes CO2, Carbone et Gaz à Effet de Serre dans la bouche dès le début du mois de décembre et ce pour quelques mois en 2010. Ce sera donc l’occasion pour les directions du Développement Durable de briller en proposant de véritables stratégies d’entreprises intégrant pleinement les contraintes Climat et Energie, ainsi que la nécessité absolue pour les organisations qui souhaitent survivre – et qui sait, profiter? – de s’outiller en systèmes performants d’intégration de l’indicateur carbone dans les scorecards des dirigeants et des business units en vue de l’avènement (encore une fois, évident, obligatoire et nécessaire) d’une économie décarbonée ou low-carbon economy.