Les Stratégies d’Investissement Socialement Responsable

L’Investissement Socialement Responsable, ou ISR, est la prise en compte par les investisseurs de critères extra-financiers, c’est-à-dire les risques environnementaux, sociaux, de gouvernance qui n’apparaissent pas dans les états et prévisions financières des sociétés, dans leurs schémas décisionnels de placements.

Aussi étonnant que cela puisse paraître à l’heure où la finance remet en question les équilibres économiques fondamentaux, où des milliers de banquiers aux bonus indécents ont réussi par aveuglement à mettre à genoux des empires industriels et des centaines de milliers d’emplois, où un certain nombre de dérèglements éthiques (scandales Madoff, Freddy Mac, Fannie Mae, WaMu, Lehman Brothers, Société Générale), environnementaux (montagnes russes des prix du pétrole et de manière générale des matières premières et agricoles, crise géopolitique russo-ukrainienne autour du gaz, embrasements proche-oriental et centrafricain, notamment au Zimbabwe), et sociaux (fermeture d’usines et de lignes de production, recrudescence du chômage partiel,…) remettent en cause la gouvernance mondiale, l’ISR, dont rien n’arrête la croissance, n’est pas né d’hier: les premiers fonds d’ISR sont nés du courant protestant méthodiste au XVIIIème siècle! Je vous suggère vivement d’en lire la très intéressante histoire sur Wikipedia. D’après Novethic, le média de référence sur le thème de l’ISR, “200 fonds ISR sont proposés aux épargnants français en 2008, soit 6 fois plus qu’en 2001”, pour un total d’encours avoisinant les 25 milliards d’euros (soit seulement 1% des actifs sous gestion pour compte de tiers), contre une moyenne de 15% pour l’Europe et l’Amérique du Nord réunis! Les ensembles géographiques les plus avancés en matière d’ISR sont les “usual suspects”: Canada, Etats-Unis, Angleterre, Scandinavie, Pays-Bas, Suisse, Benelux et Allemagne.

Historiquement, on distingue 4 types de thèses d’investissement ISR:

– les fonds dits “d’exclusion”, qui éliminent sans coup de semonce les sociétés des secteurs de l’armement, de l’industrie du sexe et des jeux, et enfin du tabac. Il arrive même que cela touche l’industrie pétrolière. Ces fonds trouvent leur origine dans les Pays Anglo-Saxons (UK, US) et leur originalité dans les convictions religieuses (quakers) de leurs souscripteurs et gérants.

– les fonds dits “de développement durable” qui prennent des positions longues (long: achat d’actions) en faisant reposer leur sélection de valeurs sur la méthode best of breed – en croisant la performance économique de sociétés cotées avec leurs performances environnementales et sociales surtout.

– les fonds dits “volontaristes”, qui choisissent des sociétés à fort impact sociétal pour à la fois s’immiscer dans leur stratégie de gestion (réclamation d’un siège au conseil d’administration) afin d’abaisser leurs empreintes environnementales et sociales, mais aussi exercer leurs droits de votes aux Assemblées Générales. Ces fonds nourrissent fréquemment des objectifs de type écologiques (réduction de l’empreinte carbone de la société de 5% par an sur 5 ans; optimisation de l’efficacité énergétique des processus de production; lancement de gammes de produits éco-conçus) ou sociaux (relocalisations) qu’ils s’efforcent d’appliquer en faisant intervenir autant que possible les parties prenantes dans la conduite des affaires de l’entreprise (syndicats, ONG, actionnaires, collectivités, autres fonds, fournisseurs, clients, concurrents, salariés,…).

– les fonds dits “solidaires”, destinés à financer des projets à fort impact social: micro-crédit à l’entrepreneuriat auprès de couches ou zones défavorisées, éducation, insertion, assistance médico-sociale, dans un pays développé ou un pays émergent, etc. Ce type de fonds est un peu particulier dans le sens où, contrairement aux 3 types d’ISR précités où les investisseurs attendront des rendements similaires voire meilleurs que le marché, les souscripteurs de ces derniers fonds solidaires acceptent l’idée d’échanger quelques points de taux de rendement contre la satisfaction et le sens conférés par cet investissement dans le mieux-être d’autrui – quand la fiscalité ne permet d’ailleurs pas aux souscripteurs de ‘s’y retrouver’.

De la même manière, si les trois types d’ISR précités s’adressent principalement aux grands groupes cotés, les fonds solidaires ont très naturellement un tropisme pour 1)  les PME, voire les TPE; et 2) le non coté (les projets solidaires ayant accès aux marchés financiers étant par construction rarissimes). Toutefois, les choses évoluent rapidement, et de nombreux fonds ISR sont désormais spécialisés dans les PME-PMI, cotées le plus souvent. Parallèlement, devant la quintuple crise économique, financière, éthique, environnementale et sociale que nous traversons, la réponse de nombreux fonds de type OPCVM ou même de fonds de LBO est l’intégration dans leur thèse d’investissement de critères de scoring ISR dans une logique de bonne évaluation et pilotage des risques de l’entreprise. En 2006, l’UNPRI publiait d’ailleurs ses Principes d’Investissement Responsable, associés au Pacte Mondial, véritable vadémécum de l’intégration de logiques socialement responsables dans l’investissement ‘traditionnel’.

Pilotage des risques “ESG” (Environnement, Social, Gouvernance), transparence vis-à-vis des investisseurs, sensibilisation des personnels clés (qui participent au projet de création d’un rapport de CSR, Corporate Social Responsibility) aux questions d’innovation et de qualité si besoin était, ainsi qu’à l’importance d’une bonne intégration dans son tissu économique local, tels sont entre autres les apports de l’adhésion à un service en ligne comme Verteego Report pour produire et diffuser le rapport de développement durable de son organisation pour 1) mieux prendre conscience d’enjeux de responsabilité sociale chaque jour plus stratégiques; 2) communiquer un état des lieux des risques extra-financiers de l’entreprises à ses actionnaires existants, en sus des traditionnels bilans comptables et financiers; 3) produire un rapport de développement durable, généré automatiquement par l’application Verteego Report, à même de compléter les divers business plans que vous pourrez présenter, lors de road shows, à d’éventuels nouveaux investisseurs qui eux aussi intégreraient des critères ISR dans leurs grilles d’analyse de sociétés cotées ou non cotées.

Et vous, quel type d’investisseur êtes-vous? Quelles sont vos convictions d’investisseur socialement responsable? Comment prévoyez-vous de vous assurer de la bonne tenue sociale, environnementale, et éthique de vos sociétés en portefeuille ou de vos futurs investissements?