5 conseils pour définitivement ancrer le reporting RSE dans le radar du DAF

Il est des entreprises où les fonctions Finance et Développement Durable ne se connaissent pas, pas par manque d’envie mais faute de projets communs. Pire, il est des entreprises où le DAF ne prend connaissance des pages du document de référence consacrées à l’extra-financier qu’une fois ces pages auditées et ledit document de référence prêt à être communiqué aux actionnaires – souvent au grand dam de leurs équipes respectives qui ne demandent qu’à collaborer pour échanger des informations tout aussi précieuses que nécessaires à l’évaluation de la santé et de la dynamique de l’organisation. Petit aperçu de stratégies gagnantes pour que le regard de la direction RSE devienne définitivement l’indispensable alliée de la DAF, et que cette dernière bénéficie en continu des données issues du processus de reporting extra-financier de l’entreprise pour que la réciproque puisse être vraie également.

1/ Intégrer au reporting des indicateurs de productivité des ressources, pour mieux innover

Dans la définition de vos référentiels de reporting, mettez un point d’honneur à intégrer des indicateurs de productivité des ressources dans le tableau de bord de reporting RSE qui sera accessible à votre DAF. Par exemple, le nombre d’euros de chiffre d’affaires généré par unité de ressource consommée. L’observation de ces indicateurs par d’autres que le DAF (on pense bien sûr au marketing) est d’ailleurs à même de susciter une réflexion sur de nouveaux modèles économiques, pensez à Uber qui maximise le taux d’utilisation d’une ressource, un véhicule de tourisme, qui la plupart du temps dort dans un parking. Car c’est aussi le rôle du DAF de réfléchir à l’obsolescence d’un modèle d’affaires au travers des indicateurs de découplage de sa croissance de l’emploi de ressources matérielles et donc naturelles, pour penser aux business de demain.

2/ Être exemplaire dans le fait de mettre le numérique au service de l’opérationnel, et pas le contraire

Même s’il est devancé depuis peu par les directions marketing, le DAF a longtemps été le premier consommateur de budgets IT/IS dans les entreprises (hors DSI). Sauf qu’aujourd’hui, les directions RSE rigolent devant les difficultés qu’ont les directions financières à maîtriser leur legacy numérique : en témoignent les semaines de travail intensif nécessaires à clôturer les comptes consolidés vs. le simple clic nécessaire à l’équipe développement durable pour éditer et partager ses analyses. Les DAF, conscients des lourdeurs que l’accumulation des systèmes ont engendrées, sont à la recherche de bonnes pratiques ailleurs, et la Direction RSE, qui généralement et grâce à des moyens réduits, s’équipe d’un seul système très modulaire, comme l’est Verteego, capable de répondre à ses divers enjeux, correspond à l’image d’Epinal que le DAF se fait de son système du futur. La Direction RSE a su mettre le numérique au service de l’opérationnel, et pas l’inverse, en proposant différents niveaux d’analyse en exploitation des données accumulées : par exemple, en sus de ses tableaux de bord de reporting volontaire ou réglementaire (GRI, CDP, agences de notation extra-financière,…) un tableau de bord stratégique pour le board ou le comex, des tableaux de bord managériaux pour les responsables de business units ou de pays, et des tableaux de bord de conformité et d’analyse de la performance pour les unités opérationnelles (sites). Le DAF, quant à lui, impose aux opérationnels toujours plus de reporting qu’il n’en livre et passe un temps significatif à repenser l’agilité de son SI pour libérer le potentiel de ses équipes, et gagnerait énormément en utilité et en popularité à mieux livrer des analyses économiques pour servir l’action des équipes sur le terrain. Bien entendu, nous généralisons largement car certaines directions RSE sont à l’ère préhistorique de la digitalisation de l’entreprise, et certaines DAF sont des bêtes de course bien huilées.

3/ Jouer sans complexe votre rôle de trusted advisor 

Les données financières ne disent pas si un investissement est bon ou pas : c’est l’analyse des données qui permettent de se forger un avis. Aux mêmes maux, mêmes remèdes, ce n’est pas la lecture des données extra-financières qui permettra à votre DAF de se faire un avis sur les angles morts ESG d’une cible potentielle, ou même de votre propre entreprise, mais bien l’interprétation que vous pourrez lui en faire. Vous devenez donc un partenaire nécessaire de la perception de l’environnement d’affaires. Ainsi, ne faites pas que lui partager votre tableau de bord d’indicateurs RSE, proposez à votre DAF d’accéder à des analyses stratégiques spécifiques à la fonction financière compilées automatiquement à partir de votre repository de données extra-financières.

4/ Monétariser les risques extra-financiers

Article 225 du Grenelle II de l’Environnement et son impact sur le rapport de gestion audité, Base de Données Economique et Sociale à l’attention des représentants du personnel, Plan de Vigilance en cours de légifération, Dodd-Frank et ses avatars européens en matière de traçabilité des minerais en provenance de zones de conflits, REACh et obligations afférentes des manufacturiers et des importateurs à assurer la traçabilité des substances extrêmement préoccupantes dans leurs chaînes d’approvisionnement, etc. Ce sont autant de réglementations pour lesquelles un déficit de conformité entraîne des risques pénaux certes, mais aussi des risques opérationnels, en raison des obsolescences des approvisionnements, et enfin des risques réputationnels. Prenez la catastrophe du Rana Plaza pour vous en assurer. Sauf que les provisions pour non conformité avec ces référentiels n’apparaissent la plupart du temps nulle part dans les comptes des entreprises !  Et pour cause, le DAF ne consulte pas (encore) la Direction RSE au moment des arbitrages financiers : il en incombe donc aux fonctions RSE de monter un groupe de travail avec le juridique, les risques, la supply chain et la finance pour évaluer les risques de non conformité de l’entreprise. Les directions RSE seront surprises de la facilité avec laquelle les budgets de mise en conformité se débloqueront par la suite…

5/ Gamifier l’anticipation des réglementations pour lancer maintenant la transition écologique et énergétique

C’est l’exercice le plus difficile à réaliser, mais proposer au DAF de jouer un jeu, pendant quelques années, de tenir une comptabilité double : la comptabilité financière réelle, et une comptabilité financière qui intégrerait une taxe sur le carbone, par exemple au niveau suédois. L’objectif sur, par exemple 5 ans, serait que la comptabilité financière simulant l’existence d’une taxe carbone ne pénalise pas l’entreprise par rapport à ses comptes financiers approuvés. L’organisation d’un tel challenge peut faciliter la mobilisation d’une task force pluridisciplinaire autour du découplage du modèle d’affaires de l’entreprise de la génération d’émissions de gaz à effet de serre, et ainsi lancer la transformation écologique et énergétique de l’entreprise.