Circolab : l’économie circulaire s’invite dans l’immobilier

Cette semaine aura été riche en engagements pour la valorisation des déchets et l’intégration des pratiques de l’économie circulaire, notamment dans le secteur du BTP.

En effet, après la signature, le 6 novembre 2017, de la charte des Maîtres d’ouvrages s’engageant à mettre en œuvre les recommandations sur les déchets du bâtiment du guide méthodologique produit au sein de la plateforme DEMOCLES, la signature, le même jour, par Nicolas Hulot et Bruno Le Maire, d’un engagement pour la croissance verte dédié à la collecte du verre plat, ainsi que le lancement de l’opération « TPE&PME – Gagnantes sur tous les coûts » par l’ADEME et les Ministères de la Transition Écologique et Solidaire, et de l’Économie et des Finances, c’est au tour des acteurs de l’immobilier de se fédérer en faveur de l’économie circulaire en créant l’association Circolab.

La présentation officielle, et la signature de la charte d’engagement, se déroulaient ce jeudi 9 novembre dans les locaux de Deloitte à Neuilly-sur-Seine. A l’initiative notamment : Thierry Laquitaine, Responsable Développement Durable chez AEW Europe, et Christian Gilet, Principal au sein du département Conseil en Immobilier de Deloitte, qui ont engagé les travaux en octobre 2016, via des groupes de travail avec les différents partenaires qui ont rejoint la démarche.

La soirée commença avec les introductions de Xavier Lemoine, Maire de Montfermeil, et Christian Debien, Directeur Général de l’Institut de l’Économie Circulaire, insistant sur l’importance de l’accélération des démarches d’économie circulaire, notamment pour le secteur du BTP qui générait, rappelons-le, près de 40 millions de tonnes de déchets par an, et qui devra, en 2020, assurer 70% de valorisation des déchets inertes et non dangereux. Le défis est d’autant plus complexe que les acteurs sont divers. Tout comme Démoclès, Circolab a pour objectif premier de sensibiliser les maîtrises d’ouvrage aux problématiques déchets et aux boucles de valorisation matière existantes et à venir.

La solution proposée par Circolab, et présentée par les deux initiateurs, mettait en avant le plan d’action du projet, avec en premier lieu la fédération des parties prenantes, et l’utilisation des leviers de prescriptions pour les ouvrages à venir, la création d’outils et supports de partage des bonnes pratiques, et de communication sur les résultats obtenus notamment, puis l’essaimage pour toucher un plus grand nombre d’acteurs. Un outil commun, prévu au développement en 2018, permettra de bénéficier d’une plateforme web d’échange des matériaux entre des maîtrises d’ouvrage, facilitant la rencontre de l’offre et de la demande. Cette plateforme s’accompagnera de référentiels d’indicateurs portant sur les gains de matière et réduction d’impacts environnementaux (GES, énergie, …). Des expérimentations sur chantiers pilotes sont ensuite prévus à partir de mars 2018.

Enfin, les témoignages de 4 nouveaux membres de l’association autour d’une table ronde ont permis de mettre en avant la volonté des acteurs d’accompagner la démarche et de la porter au sein de leurs organisations. Il s’agissait de Anne Keuch, Directrice de Développement Durable et Innovation chez Groupama Immobilier, Justine Emringer, Chef de projet Métabolismes urbains à Plaine Commune, Jean-Claude Dendievel, Directeur Maîtrise d’Ouvrage des Grands Travaux chez Allianz Real Estate, et Alain Catherine, Consultant Développement Durable chez Covea Immobilier, animés par Patrick Stekelorom d’Allianz Real Estate.

Cette dynamique autour de l’économie circulaire se concrétise et s’organise peu à peu. Les acteurs intègrent progressivement la nécessité de changer les pratiques efficacement, et n’hésitent pas à communiquer et travailler ensemble pour ne plus agir seuls : le maître mot de la soirée était, de fait, que « seul, on ne peut rien faire ». Attention toutefois à ne pas oublier que d’autres initiatives émergent, dans d’autres secteurs, au sein d’autres acteurs du BTP, et qu’il faudra qu’un jour elles interagissent. On peut en effet constater qu’une dizaine de plateforme web d’échange de matériaux existent en France. Néanmoins, les quantités de déchets du BTP sont suffisamment importantes et le territoire assez vaste pour que chacune de ces plateformes soient suffisamment alimentées pour vivre. Ceci également à condition que les matériaux proposés au réemploi et au recyclage trouvent leur marché.