Les opportunités du marché chinois en matière de réduction d’intensité carbone

Il y a quelques jours, Verteego avait le plaisir, sur invitation du Club ADEME International, de participer au séminaire organisé par l’agence Ubifrance sur les nombreuses perspectives offertes par le marché chinois en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Le programme était constitué de trois temps forts: 1) état des lieux et décryptage de la politique chinoise en matière d’environnement par des personnalités de premier plan tels que la Secrétaire d’Etat au Commerce Extérieur Mme Anne-Marie Idrac, qui avait visité le stand Verteego à Pollutec 2009 après que nos dirigeants l’aient accompagné dans son voyage en Californie à l’automne 2009, ou l’Ambassadeur de Chine en France Mr Liu Haixing, 2) synthèse de l’ensemble des mécanismes d’aide au développement à l’international dont peuvent bénéficier tout particulièrement les éco-entreprises françaises et enfin, 3) nombreux exemples d’implantations ou de partenariats franco-chinois impliquant des éco-innovations.

Nul n’est censé ignorer l’influence qu’exerce la Chine au niveau mondial sur l’environnement. Les autorités chinoises ont bien pris conscience de ce phénomène et intègrent désormais la dimension environnementale dans leurs politiques publiques majeures telles que les plans quinquennaux. Déjà lors du 11ème plan (2006-2010), la Chine s’était résolument prononcée pour des baisses de 20% de leur consommation énergétique par unité de PIB. Mais depuis le sommet de Copenhague, ce sont d’autres objectifs plus ambitieux qui ont été annoncés avec la réduction de 40 à 45% de l’intensité carbone de l’économie chinoise vers 2020 par rapport à 2005. Il n’échappe pas aux experts que cette réduction n’est en rien absolue et ne permet très probablement pas de faire baisser les émissions de gaz à effet de la Chine dans leur ensemble. Un décryptage était proposé par Roselyne Legrand, conseillère en charge des questions environnement à la mission économique de Pékin. Dans l’hypothèse d’une croissance économique de 8% par an et d’une réduction d’intensité carbone de 45% entre 2005 et 2020, la Chine verrait ses émissions augmentées de 5,4 Gt eq Carbone. Si on compare ce chiffre aux engagements pris par l’UE et les Etats-Unis, l’augmentation des émissions chinoises représenteraient 2,5 fois la réduction combinée des pays occidentaux. Pour autant, en raison du développement que connaît le pays, une telle proposition est jugée comme très volontaire par l’Ambassadeur de Chine. Le gouvernement mise notamment sur l’innovation en débloquant des fonds très importants: 30 milliards de dollars US en 2009 et plus de 175 milliards de dollars US dédiés à ce secteur dans les 5 années à venir, une manne susceptible d’intéresser les nombreux investisseurs et innovations étrangères notamment françaises.

Le développement en Chine n’est pour autant pas le passage le plus facile à réaliser pour une PME française. Pour remédier à ce problème, Ubifrance a notamment profité de l’occasion pour dévoiler sa nouvelle offre Greenpass, le passeport des éco-entreprises pour l’international. Il s’agit d’un suivi personnalisé de 6 à 18 mois dont peuvent bénéficier les éco-entreprises pour identifier des marchés porteurs d’activités, accéder à des contacts privilégiés et participer à de rendez-vous d’affaires dans une très grande facilité étant donnés l’implantation, le réseau et l’expertise d’Ubifrance. Par ailleurs, la mise en relation facilitée n’était pas le seul mécanisme exposé. La présence de la direction générale du trésor a permis de balayer l’éventail des aides financières disponibles: qu’ils s’agissent de prêts intergouvernementals tels que le RPE voire de dons pour les projets pilotes sous la forme d’un FASEP, on a pu remarquer que l’Etat français ne manquait pas de leviers pour propulser les entreprises françaises à l’étranger. Verteego n’en a pour ainsi dire pas fait l’usage jusqu’à présent mais nous ne manquerons pas de les utiliser le moment venu, notamment avec nos partenaires sociétés membres de Durapôle.

Et notre destination pourrait être une ville chinoise, pionnière dans le développement durable et qui possède de très forts liens avec la France. Il s’agit de l’agglomération de Wuhan, une ville de 10 millions d’habitants jumelée avec Bordeaux. Notamment célèbre pour son projet d’éco-quartier de plus de 50000 habitants, cette cité est considérée comme la « Masdar City de l’extrême orient ». Les intérêts français sont d’ailleurs au coeur de ce projet dans le cadre d’un accord signé entre la France et la Chine par le Président Nicolas Sarkozy et son homologue chinois sur le développement urbain durable. Et il ne s’agit pas de la seule initiative. Wuhan est revenue maintes fois dans les témoignages des intervenants sur leurs implantations en Chine et les perspectives à court et moyen terme dans le pays. A ce titre, nous souhaitons la bonne chance au cabinet de conseil et d’études en environnement Internat Energy Solutions qui était notre quasi-voisin sur le stand du Club ADEME International au dernier salon Pollutec, en décembre 2009 à Paris. Installée très récemment à Pékin et très liée à l’activité grouillante de Wuhan, Internat se consacre au développement de la méthodologie bilan carbone afin de réduire les émissions de gaz à effet des projets chinois et améliorer la compétitivité de leurs opérations.

Qui sait si la Chine ne représente-t-elle pas un nouveau relais de croissance pour Verteego?