Architecture à l’étranger : Grand prix AFEX 2014

Ce jeudi 29 janvier 2015, Verteego a assisté à la conférence de l’AFEX (Architectes Français à l’Export) « Grand Prix AFEX 2014 : la fabrique des projets », organisée à la Cité de l’Architecture & du Patrimoine de Paris, pour inaugurer l’exposition des Grands Prix AFEX 2014.

grand prix afexFrançois Roux, le président de l’AFEX, a posé trois grandes questions qui ont guidé les différentes prises de paroles : quelle légitimité les architectes français ont-ils à l’export, comment sont-ils vus, et faut-il refaire ailleurs ce qui a fonctionné en France, ou au contraire s’adapter à la culture et à l’environnement local lors d’un grand projet architectural ?

Dix architectes lauréats du palmarès de l’AFEX 2014 se sont ensuite succédés autour de diverses tables rondes animées avec brio par Madeleine Houbart, secrétaire générale de l’AFEX.

La première table ronde, intitulée « Construire en Chine », regroupait Andrew Hobson (Arte Charpentier, Centre de la mode de Shanghai), Marc Mimram (Pont sino-singapourien, Tianjin) et Thomas Richez (co-producteur avec Paul Andreu du Grand Théâtre de Jinan). Ces trois architectes s’accordent à dire que depuis dix ans, la construction en Chine a évolué. Depuis la construction de l’Opéra de Shanghai, la Chine a engagé selon Andrew Hobson une démarche de valorisation de son patrimoine, alors qu’elle tentait d’effacer son passé quelques années plus tôt. Pour Marc Mimram, que ce soit en termes de savoir-faire, d’économie ou d’inventivité, « on peut faire là-bas ce qu’on ne peut plus faire ici ». Thomas Richez nous a également fait part des difficultés rencontrées en Chine, notamment la modification très fréquente des plans originaux (déplacer un immeuble, rajouter un centre commercial, etc). Il a néanmoins insisté sur la possibilité de dialoguer, qui permet d’accomplir ces projets grandioses.

La deuxième table ronde portait sur la construction dans l’aire méditerranéenne et au Moyen Orient. Différents projets ont été évoqués : la construction du Théâtre National Manama au Bahrein par Roueida Ayache (AS. Architecture-Studio), la construction du Lycée français d’Amman par Reda Amalou et Stephanie Ledoux (AW²), ou encore la rénovation d’un patrimoine protégé par l’Unesco au Maroc, autant de projets pour lesquels les architectes se doivent d’insérer la culture française tout en respectant la très forte identité de la culture locale. Il a aussi fallu respecter le rapport à la temporalité des différents lieux, en jouant sur les textures : pierre, bois, ciment ou verre selon les besoins. Pour Tarik Oualalou (Kilo architecture), le plus intéressant à l’étranger est d’être « obligé d’inventer de nouvelles stratégies, d’acclimater sa façon de travailler ; moins dans la forme que dans le rapport au projet ».

La troisième table ronde, « Construire en Afrique », a permis d’évoquer la construction de l’Orphelinat de Dialakoroba au Mali, par Pierre-Emmanuel Huardel et Olivier Desz (F8 Architecture). Pour ce projet, les architectes ont réalisé ce qu’ils appellent une conception responsable, en terme d’assainissement, d’isolation thermique, de ventilation, mais aussi via une réflexion sur la définition locale d’un orphelinat et de la vie associative qui l’entoure.

citée des arts rioEnfin, Christian de Portzamparc, lauréat du Grand Prix AFEX 2014 pour la construction de la Cité des Arts de Rio de Janeiro (Cidade das Artes, Barra da Tijuca, Rio de Janeiro), nous a relaté l’épopée que fut la construction de ce bâtiment. Conçue pour s’intégrer dans le paysage et la vie animée de Rio de Janeiro, la Cité des Arts avait aussi pour but d’être un symbole public différent d’un bâtiment d’administration, et a failli ne pas voir le jour suite à des élections locales.

 

Chez Verteego, nous avons beaucoup apprécié ces points de vue sur l’export du savoir-faire français, notamment en Chine et au Brésil, pays dans lesquels Verteego est présente via ses filiales.