Interview d’Alexandre Zisa, fondateur et Managing Partner d’Aevionics

Toujours dans le but de mettre en valeur notre écosystème sur ce média qu’est le Verteeblog, retrouvez chaque mois, dorénavant, une interview ou une actu d’un partenaire Verteego. C’est Aevionics, cabinet de conseil en performance opérationnelle pour l’aéronautique, les compagnies aériennes, et les aéroports, qui ouvre le bal, avec son cofondateur et Président Alexandre Zisa. On le voit bien à travers les propos d’Alexandre Zisa, Aevionics se donne pour mission – et dispose d’une méthodologie d’accompagnement adéquate – de donner les moyens à l’industrie de l’aviation de réconcilier la triple bottom line économique, sociale, et environnementale.
– Qui est Aevionics?
Aevionics est un cabinet de conseil et de formation en compétitivité industrielle dédié à l’industrie de l’aviation.
– Qui sont les clients naturels d’Aevionics? A qui vous adressez-vous?
Nos clients sont des sociétés appartenant à 4 groupes d’activités différentes :
1- L’industrie aéronautique et spatiale: OEM, sous-traitants, prestataires;
2- L’industrie du transport aérien, avec l’offre « Cost Aviation » : aéroports, airlines, services;
3- Les acteurs de fusion-acquisition, notamment des PME dans l’aérospatial;
4- d’autres industries et services.
– Comment se différencie Aevionics de ses confrères?
Nous tachons de travailler au plus prêt des équipes opérationnelles. Par exemple, nous conseillons et entraînons directement les équipes de conception et développement de nos clients pour améliorer la performance de leurs produits et services.
Au delà des gains économiques, nous avons convaincus nos clients qu’intégrer les attentes des clients et les aspects financiers aux activités techniques et d’ingénierie permet de gagner beaucoup de temps, de la capacité de travail et de motiver les équipes.
– Quelle est l’histoire de Aevionics? comment est né le projet?
Aevionics est à l’origine un spin-off de l’activité aviation du cabinet Cost House, menée en partenariat avec l’Aéroport de Stuttgart. Pour élargir l’offre au domaine aéronautique, nous nous sommes entourés de profils de très haut niveau apportant chacun plus de 10 années d’expériences réussies dans le domaine de la performance produit. Nous mettons ainsi aujourd’hui à la disposition de nos clients une expérience de plus de 200 projets pour  80 industriels.
– Quelles sont les perspectives d’évolution de Aevionics?
Les industries que nous visons font appel à plus de 150000 ingénieurs en Europe et à davantage encore de techniciens. Pouvoir en adresser 10% d’ici 5 à 10 ans serait une grande réussite.
– Quelles sont les offres d’Aevionics en matière de performance environnementale?
Un des résultats de notre action est la simplification des designs, l’allègement des structures et la réduction des coûts de logistique. Tous ces facteurs ont in fine un impact positif sur la performance environnementale de nos clients.
Nous les aidons par ailleurs à « absorber » les investissements et surcoûts induits par des règlementations comme R.E.A.C.H. par exemple.
Dans le cadre de Cost Aviation, nous disposons enfin d’une solution complète de management carbone dédié aux plateformes aéroportuaires, issue de l’excellent outil de Verteego Carbon et grâce au partenariat que nous avons ensemble.
– A quand une industrie aéronautique à la recherche de performance environnementale?
Même si cela n’a pas toujours été à dessein, l’industrie aéronautique est depuis longtemps focalisée sur la performance environnementale:
• Concernant le réchauffement climatique, simplement parce que les principales émissions sont directement proportionnelles à la consommation de carburant, or le carburant est un des principaux postes de coûts des compagnies aériennes, elles ont donc logiquement toujours cherché à minimiser celui-ci.
• Une autre préoccupation environnementale majeure concerne le bruit, pour laquelle de nombreuses solutions ont déjà été mises en oeuvres: limitation du trafic de jour et de nuit, pente des montées initiales, solutions techniques au niveau des moteurs …
La croissance prévisionnelle du transport aérien est telle qu’il est absolument nécessaire de préparer dès aujourd’hui des solutions pour limiter les émissions (elles représentent aujourd’hui de 2 à 3% des émissions totales de l’activité humaine, selon les sources). Parmi les projets d’envergures, on peut noter:
• « Clean Sky »: une initiative européenne à moyen terme, impliquant l’ensemble des industriels. Les travaux visent à développer de nouvelles technologies réduisant les consommations ainsi que les nuisances sonores (en savoir plus www.cleansky.eu)
• A court terme, les solutions consistent notamment à optimiser l’utilisation des moteurs et les trajectoires des avions en vol, au sol et au parking. D’autres initiatives portent sur les émissions connexes, telles que le transport de et vers les aéroports.
– Quelles sont selon Aevionics les 3 entreprises aéronautiques les plus exemplaires en matière de performance environnementale?
Difficile de répondre, car l’aviation est un système dans le quel de nombreux acteurs interviennent. La performance environnementale est le fruit d’initiatives de constructeurs, de compagnies aériennes, du contrôle aérien, des passagers eux-même etc. De plus, certains facteurs environnementaux ont des impacts contradictoires, comme par exemple le bruit et les émissions concernant les procédures de départ et d’arrivées des aéroports, une entreprise peut donc être performante en terme de bruit mais pas pour ses émissions.
On peut néanmoins citer:
• le constructeur ATR qui réussit sur le segment des turbopropulseurs en proposant des avions très optimisés;
• l’industriel chinois Yuneec et son E430, le premier avion électrique certifié et commercialisé;
• l’Aéroport de Zurich qui mène une politique environnementale proactive.
– Comment va se transformer l’industrie aéronautique dès lors que les pollutions se mettront à avoir un prix, qu’il se manifeste sous la forme d’une taxe (par exemple sur le carbone) ou d’une exposition aux ressources naturelles encore plus marquée?
Malgré les progrès, le « jet électrique » n’est pas pour demain. Mais la technique va apporter de véritables solutions à moyen terme, comme le projet Clean Sky dont l’objectif est d’aboutir à des avions ayant des émissions de bruit et de carbone divisées par 2 en 2020. En attendant, le train va probablement progresser sur les faibles distances. Plus en décalage, nous allons peut-être également assister à un retour des dirigeables, plus écologiques mais aussi beaucoup plus lents que l’avion, ils se prêtent bien à des activités de cargo par exemple.
– Le rêve le plus fou d’Aevionics?
Une industrie européenne deux fois plus compétitive (un peu grâce à nous) !