En avant toutes ! Recherche, médecine et nouvelles technologies !

A l’image des objets connectés qui inondent le marché, le domaine de la santé intègre de plus en plus de solutions au sein desquelles les nouvelles technologies sont parties prenantes. Voici quelques avancées originales qui illustrent un virage bien amorcé !

L’intelligence artificielle est aujourd’hui reconnue comme un atout dans l’analyse de données en recherche médicale et l’aide au diagnostic. Nous pouvons citer comme exemple les modèles d’analyse d’image basés sur des algorithmes de réseaux de neurones qui permettent d’extraire avec une précision élevée de l’information à partir de différents types de clichés. En médecine, l’information extraite d’imagerie médicale fait partie de la physiopathologie du patient et peut ensuite servir à assister le praticien dans le choix du traitement le plus approprié ou dans une chirurgie complexe. C’est le projet ambitieux du centre Hospitalo-universitaire de Strasbourg qui abrite l’ “Institut de chirurgie guidée par l’image” dans lequel les chirurgiens développent des solutions qui feront rentrer l’IA au bloc opératoire pour assister les jeunes chirurgiens dans leur pratique. En recherche médicale aussi, l’analyse et l’interprétation d’images issues d’expérimentations ou encore le comptage d’événements au sein de celles-ci sont déterminants dans la récolte de données. La construction de modèles capables d’effectuer ces tâches représente un enjeu important pour la communauté de chercheurs confrontés à ces problématiques très chronophages. Le partenariat récent de l’Inserm avec la start-up Owkin qui développe le logiciel SOCRATES illustre bien cette volonté de faire rentrer l’IA dans le quotidien de la recherche médicale académique française.  

L’utilisation de l’IA en recherche et en médecine est aujourd’hui rendue possible grâce à la masse d’information stockée depuis plusieurs dizaines d’années par les hôpitaux et organismes de recherche à travers le monde. Elle amène les médecins et chercheurs à repenser la manière d’exploiter et d’interpréter des données. La mise en commun d’informations anonymisées de patients permet de construire des ensembles de données importants qui servent ensuite dans la construction de modèles applicables à grande échelle. Des initiatives comme Epidemium dont le but est de comprendre l’influence de divers facteurs sur l’incidence des cancers à travers le monde en est une belle illustration.

Une autre branche des nouvelles technologies a émergé depuis plusieurs années : l’impression 3D. Elle permet de fabriquer des systèmes personnalisés, y compris dans le secteur de la médecine. La génération de prothèse adaptée au patient à l’aide de ces technologies permet de réduire considérablement leur coût de fabrication et des projets tels que Open hand project (continué aujourd’hui par Open bionics) ou e-Nable émergent, démontrant la démocratisation de l’impression 3D dans l’assistance du quotidien des personnes en situation de handicap.

Encore plus impressionnant, l’impression 3D est aussi utilisée dans l’impression de matériel vivant ! L’entreprise française Poeitis a mis au point une plateforme pour concevoir des produits dits “bio-imprimés”. Ces “peaux”, conçues à partir de cellules positionnées en couche sur un substrat solide, pourront s’utiliser en médecine régénérative mais aussi dans l’évaluation des effets de molécules chimiques. Nous pouvons imaginer que dans quelques années, la “bio-impression” ne se cantonnera plus seulement à la peau mais permettra de produire divers types de tissus.

Toutes ces initiatives témoignent que nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une nouvelle manière d’aborder le domaine de la santé. Demain, la combinaison de ces divers outils permettra d’améliorer nos connaissances et de pratiquer une médecine plus personnalisée, plus efficace, limitant ainsi les effets néfastes de l’utilisation de traitements et manipulations inappropriés.