Au delà des caricatures de l’IA (partie 2)

 

Continuons d’observer les multiples visages l’IA.

Dans la recherche, il est d’usage de définir précisément chaque terme. Concernant l’intelligence artificielle c’est peut être là que le bât blesse. Si l’on peut s’accorder sur le sens d’artificiel proposé par Larousse comme « produit par le travail de l’homme et non par la nature », la définition de l’intelligence, elle, est plus vaste :

  • « Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle »
  • « Aptitude d’un être humain à s’adapter à une situation, à choisir des moyens d’action en fonction des circonstances »
  • « Personne considérée dans ses aptitudes intellectuelles, en tant qu’être pensant »
  • « Qualité de quelqu’un qui manifeste dans un domaine donné un souci de comprendre, de réfléchir, de connaître et qui adapte facilement son comportement à ces finalités »
  • « Capacité de saisir une chose par la pensée »

Au vue de ces définitions, il est facile de tomber dans le piège de l’anthropomorphisme.

Peut-on construire une IA à haut QI ? Là dessus il y a déjà du travail de fait. Bien que le résutlat ne soit pas (encore ?) exceptionnel.

Peut-on construire une IA avec une intelligence émotionnelle (voire Daniel Goleman, L’intelligence émotionnelle pour approfondir cette notion)? Si nous l’entraînons dans ce but le modèle pourra reconnaître, grâce à une photo, si une personne est triste ou heureuse (c’est la reconnaissance d’image). Une IA peut également dire si un texte est positif ou négatif envers le sujet qu’il traite (opinion mining ou sentiment analysis). Pour autant, voir des centaines de photos de personnes tristes ne le rendra pas triste. Notre modèle n’est pas empathique car il ne ressent pas.

Nous sommes encore loin d’une intelligence artificielle proche de l’intelligence humaine. Aussi est-il plus juste de la définir scientifiquement comme la somme des sous-domaines que l’IA englobe.

Mais, le commercial se trompe-t-il en affirmant que les assistants vocaux que sont Siri, Alexa, Cortana et autres Google assistants sont des « IA » ou en promettant de nouvelles « device intelligentes » ? L’intelligence artificielle a également acquis un sens marketing plus large qui empiète sur les concepts que sont l’algorithmie ou le numérique.

On peut en effet se demander si un robot qui trierait des objet par taille serait vendu comme embarquant de l’intelligent artificielle aujourd’hui. Sûrement ! Pourtant il n’effectue qu’un simple algorithme de tri après avoir mesuré la taille de chaque objet grâce à des capteurs embarqués. Tout cela ne semble pas relever du domaine scientifique de l’intelligence artificielle et c’est là que réside un paradoxe.

 

par Nicolas, Senior Data Scientist chez Verteego