10 tendances à suivre sur l’impact de l’IA dans la RH – notées lors du petit déjeuner Talenco x Verteego

Combien de fois a-t-on entendu : « le secteur des ressources humaines est un milieu complexe, trop conservateur pour s’ouvrir à l’IA. »

Et si l’on arrêtait avec les idées préconçues ? Une étude récente de Deloitte Insights montraient que si 72% des entreprises voient l’IA comme une priorité majeure, seulement 9% des entreprises du secteur RH sont prêtes pour ce nouveau monde numérique.

Le secteur RH, comme beaucoup d’autres secteurs traditionnels, souffrent d’un phénomène d’acculturation face à cet univers inconnu que représente l’IA pour lui. Pourtant, plus qu’une technologie ou un produit, l’intelligence artificielle est un mouvement qui transforme déjà radicalement les organisations et les façons de faire. Afin de permettre un déploiement efficace des solutions IA, les dirigeants RH doivent se former et former l’ensemble de leur personnel pour se défaire des mythes qui entourent l’IA, et construire des bases de données adaptées à ces nouveaux outils.

Le vendredi 7 juin, le Hangar à Paname, espace de partage parisien qui rassemble une douzaine d’entreprises du numérique, accueillait un petit-déjeuner consacré à l’impact de l’IA sur le secteur RH.

Talenco, startup spécialisée en conseils RH, et Verteego, startup experte de la data science et éditrice d’une plateforme d’intelligence artificielle (Verteego Brain) ont ainsi mis à profit leurs expériences respectives pour souligner les tendances du moment et expliquer ce qui se cache derrière l’IA. Une présentation enrichie par la présence de Louis-Marie Le Leuch, directeur de la transformation RH chez Engie, qui donnait son retour d’expérience après avoir introduit des solutions IA au sein du groupe Engie.

Pour ceux qui n’auraient pas pu faire le déplacement, Verteego a retenu pour vous les 10 tendances RH qu’il fallait retenir lors du petit déjeuner.

Les 10 tendances IA x RH à suivre en 2019 :

1. Enrichir l’expérience du candidat

Souvent, les premiers cas d’application incorporant de l’IA dans les entreprises sont les solutions optimisant l’acquisition de talents. L’IA ajoutée à l’intelligence humaine permet au recruteur de :

    • réduire le temps de présélection candidat,
    • améliorer le taux d’achèvement des demandes d’emploi  
    • répondre aux demandes de renseignements des candidats pour passer plus de temps à partager la culture et les valeurs de l’entreprise.

2. Les compétences humaines sont plus valorisées

Face à l’automatisation des tâches les plus répétitives, les compétences qui deviennent essentielles pour les recruteurs sont les compétences en intelligence émotionnelle et les compétences en intelligence technique (conception et la programmation technologiques).

3. L’intelligence artificielle ne remplace pas les employés

Mais elle demande d’investir dans l’amélioration des compétences du recruteur pour ne pas rendre son rôle superflu. L’intelligence artificielle doit être considérée comme un outil à la disposition du recruteur l’aidant à rationaliser le processus d’embauche. La décision finale est prise par l’humain. L’IA est un assistant, une aide à la décision permettant d’optimiser l’analyse de données.

4. Les nouveaux métiers de demain

Dans son analyse des impacts de l’IA, le World Economic Forum prévoit la destruction de 75 millions de postes, cependant il serait réducteur de s’arrêter à ce chiffre puisque l’étude estime à 135 millions le nombre de postes créés à la suite de cette « révolution IA ». Parmi les nouveaux postes qui seront nécessaires, notons les nouveaux venus dans le secteur RH :

    • Le poste de AI Trainer : son but ? Mettre à jour les connaissances sur les emplois afin de transmettre les “bonnes” données à l’IA.
    • Le poste de Chief Ethical and Humane Use Officer: son but ? Elaborer des stratégies pour utiliser la technologie de manière éthique.

5. Former les employés à l’IA

Comme les employés dépendent de l’intelligence artificielle pour faire leur travail, le développement d’une main-d’œuvre apte à l’intelligence artificielle constituera un avantage concurrentiel.

Gartner prévoit que d’ici 2022, un travailleur sur cinq effectuant des tâches non routinières dépendra de l’IA pour faire son travail.

6. Les diplômes moins importants que les compétences

Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises du top 1000 du magazine Fortune embauchent des candidats sans demander de diplômes supérieurs aux Etats-Unis.

Cela nécessite un changement de mentalité quant à où et comment recruter des talents.

7. Plus que des salaires, les employés veulent un travail avec du sens

Grâce à l’intégration de l’IA au sein des structures et aux automatisations et outils qui en découlent, les salariés sont ainsi plus enclins à effectuer des tâches en rapport direct avec leur métier en étant allégés des tâches plus rébarbatives avec une valeur ajoutée moindre à leurs yeux.

En outre, une tendance de transparence des objectifs s’impose de plus en plus, les dirigeants partagent avec leurs collaborateurs les objectifs globaux et diffusent des valeurs et une culture d’entreprise et l’IA les accompagne également pour leur donner les moyens.

Ces deux postulats sont en corrélation directe avec les nouvelles attentes des salariés qui s’axent d’avantage sur leur perception de la valorisation de leur travail que sur la dimension salariale.

8. Fluidifier la mobilité

L’IA permet de fluidifier la mobilité interne en identifiant en quelques minutes les meilleures offres à proposer à un collaborateur parmi toutes les opportunités. Une utilisation d’autant plus cruciale lorsque l’on sait que la mobilité interne est un des avantages les plus recherchés par les employés.

9. La réalité virtuelle modifie la formation en entreprise

La réalité virtuelle est la meilleure façon de recréer lors de sessions d’apprentissage des expériences qui étaient auparavant difficile, voire impossible, à reproduire (par ex : simulation de vol en magasin).

10. Piloter la performance RH

Maintenant  que de nouveaux acteurs apparaissent  et que la data apporte de nouvelles perspectives – la performance RH sera de plus en plus mesurable.

En bonus : « entendu au Hangar à Paname »

« L’IA sur étagère, je n’y crois pas. Ce n’est pas à l’entreprise de s’adapter à l’IA, c’est à l’IA de répondre spécifiquement à la problématique de l’entreprise. »

« Si l’on veut recueillir des données de qualité de la part des collaborateurs, il faut leur fournir en retour des services de qualité… c’est la même promesse que Google. »

Louis-Marie Le Leuch, directeur de la transition RH chez Engie

L’expérience collaborateur est devenue une base de travail pour les RH. C’est une démarche intellectuelle similaire aux approches réalisées pour la fameuse expérience client. L’IA peut apporter de nombreuses solutions!

Jean-Baptiste Gouin, directeur général de TALENCO

Pour réussir la transformation avec l’aide de l’intelligence artificielle, seule une démarche progressive sur un périmètre restreint au départ fonctionne afin de comprendre en profondeur les problématiques et les attentes utilisateurs.

Clément Guillon, COO de VERTEEGO

par Camille, marketing & content coordinator chez Verteego